FRONTiere, MARches (19)

Un poète méconnu, dans une langue marginale ?

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Bien qu’il n’ait utilisé aucun « dialecte » ni langue minorée, Lorenzo Calogero a été à tous égards un écrivain di frontiera, encore mal diffusé dans son propre pays, en dépit même de quelques tentatives récentes de prétendue internationalisation de sa voix singulière. Quelques excellents travaux ont commencé à être publiés, dont la monographie de Caterina Verbaro I margini del sogno – La poesia di Lorenzo Calogero, Pisa, ETS, 2011. Nous avons, au sein du CIRCE, essayé de collaborer avec le site florentin de Villanuccia, et publié dans notre propre blog [Une autre poésie italienne] quelques beaux textes poétiques. Un certain nombre, parmi nous, ont également contribué à faire connaître ce poète profondément plurilingue. Ce n’est pas suffisant bien sûr, et cette petite contribution ne veut être qu’une pierre de plus, apportée en hommage à l’une des expressions les plus originales du milieu du XX° siècle italien, lequel a été lui-même tellement fécond et varié en poésie. Voici donc un texte assez « classique » dans l’itinéraire de Lorenzo Calogero, et sa tentative de traduction dans une langue assez réticente, en revanche, aux phénomènes di frontiera, comme l’on sait…

.   PERPENDICOLARMENTE A VUOTO

Perpendicolarmente a vuoto

tracce erano, limiti, e da questa parte

il vento, in prati ove non si odono

cose di cui non mi ricordo;

e sai quanto noioso un ramo

era e mi guida e dall’aria

mi divide che non amo. Più non riconosco

una larvata presenza di essere,

un’usanza di crescere e non basta:

se mi soffermo un poco un soffio

era già troppo e il resto. Sinuoso

e sveglio un vano respiro d’albero

corrompe me pure in una dolcezza varia.

Una levigatezza che apparve nello spazio

soffre il vuoto, il disordine, il discendere

dell’età morente. Un alito ricrebbe nella guazza.

.

I sottintesi richiami un respiro d’aria,

una solitudine già odono.

.

Nella nebbia, per quanto so

ora, come in questa, è partita

la tua presenza dalla grazia

come la sofferenza dalla veglia

del suo volo.

 

Perpendiculairement à vide

Perpendiculairement à vide

c’étaient traces, bornes, et de ce côté

le vent, en des prés où l’on n’entend aucune

chose dont je ne me souvienne ;

et tu sais combien gênait une branche

qui me guide et me sépare

de l’air, que je n’aime pas. Je ne reconnais plus

une présence larvée d’être,

une coutume de croître et cela ne suffit pas :

si je m’interromps un peu un souffle

était déjà de trop et le reste. Sinueuse

et éveillée une vaine respiration d’arbre

me corrompt moi aussi en une douceur diverse.

Une polissure qui apparaît dans l’espace

souffre du vide, du désordre, de la descente

de l’âge mourant. Une haleine à nouveau enfla dans la rosée.

.

Les rappels suggérés entendent déjà

une respiration d’air, une solitude.

.

Dans la brume, pour autant que je sache

à présent, comme en celle-ci, est départie

ta présence de la grâce

comme l’est la souffrance de la veille

de son vol.

 (JcV)

.

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FRONTiere, MARches (18)

En attendant le mois de mai…

 

– Disputes, débats, tensons… et “genre”

Aux frontières de la langue de son époque, à la fois par le thème abordé (un amour que Dante, peut-être, aurait pu dire ensuite « hermaphrodite »*), la langue choisie – un curieux mélange de stylèmes recherchés et d’expressions triviales, proche des habitudes des poètes de la Magna Curia sicilienne parmi lesquels le place encore Spitzmuller – et surtout la forme métrique absolument originale, que l’on a sans doute un peu vite rapprochée du vieil alexandrin français (j’aurais là-dessus une tout autre hypothèse**), cette dispute ou contraste de Cielo ou Celi d’Alcamo avait sa place dans cette série, bien qu’elle n’ait pas vraiment l’allure d’un texte minoré (ni même dialectal). La décélération en descente ou en glissade, à l’hémistiche, permet de seconder la gestuelle verbale et la forte théâtralité de la composition, qui n’allait pas échapper à un jongleur tel que Dario Fo. Comme d’habitude, c’est d’abord par la forme – moins convenue dans les vers doubles (certes proches quand même du vénérable trimètre évoqué ci-dessus), davantage rassurante dans les décasyllabes terminaux – que la traduction essaie de rendre compte matériellement de cette singularité. Une invention assez réussie de Cielo, en tout cas, pour avoir trouvé des imitateurs dès le siècle suivant, et puis devenir relativement populaire ou du moins commune, sous la variante dite martelliana (S. Cammarano : Invan tentò la misera  –  fermarsi e benedirmi), celle-là, oui, d’inspiration française.

Cielo d’Alcamo

 

Contraste

« Rosa fresca aulentis[s]ima… »

– Rose fraîche odorante qu’     on voit quand vient l’été,                        1

les dames te désirent       pucelles et mariées :

ôte-moi de ces flammes s’      il plaît à ta bonté ;

pour toi je n’ai déduit, la nuit, le jour,

toujours pensant encore à vous, Ma Dame.                                            5

.

– Si de moi te tourmentes-t’      folie te le fait faire.

Tu pourrais la mer rompre,      semer dedans les airs,

les avoirs de ce siècle [en]      entier les amasser :

tu ne pourrais avoir moi en ce monde ;

plutôt le chef avant me ferai tondre.                                                      10

[…]

[Texte de l’éd. Contini, Poeti del Duecento, Milano-Napoli, Ricciardi, 1960 (t. I) ;
des lecteurs plus récents voient le second hémistiche du v. 7 comme
“avanti asemenare” (avant de semer, avec un double sens obscène).]

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Note : Sur le très discuté vers 2, voir par ex. Bonagiunta Orbicciani da Lucca, Ballata III : “Maritate e pulselle / di voi son ’namorate / pur guardandovi mente: / gigli e rose novelle, / vostro viso aportate / sì smirato e lucente!” (éd. A. Menichetti, Galluzzo 2012), à savoir : Marïées et pucelles / de vous sont amoureuses / rien qu’à vous regarder : / lis et roses nouvelles, / tel est votre visage / si brillant éclairé ! Et comparer : G. R. Ricci, L’interpretazione rimossa – I primi due versi del Contrasto di Cielo d’Alcamo, Firenze, Quaderni di Gazebo, 1999. Ici, “rosa” est bien sûr métaphore globale, mais aussi avec synecdoque (du sexe féminin), et métonymie un peu plus originale (associée à l’acte sexuel – conçu comme fonctionnel) : union d’images complexes reliées, ainsi que le dira plus tard Rabelais à propos de la mentula masculine, par naturelle « colliguance » (Quart Livre, Prologue : « ô belle mentule, voire diz ie, memoire. Ie solœcise souvent en la symbolization & colliguance de ces deux motz »). Le “genre”, une fois encore, semble compter assez peu.  

Plus explicite, Rambaud de Vaqueiras (une des sources probables de Cielo), après avoir vanté la beauté « Fresca com rosa en mai » de la Génoise, prie celle-ci « Qe voillaz q’eu vos essai, / Si cum provenzals o fai,     qant es poiaz », autrement dit qu’elle veuille bien constater comment est fait un Provençal quand il est puissant.

Pour ce qui est de la forme, sans aucun doute originale, on lui comparera cette plus modeste ciciliana (peut-être dérivée) connue comme « Lévati dalla (mia) porta » depuis sa publication au XIXe siècle par Carducci (Cantilene e ballate). La traduction suit les mêmes principes que ceux exposés plus haut :

Dame

            Ôte-toi de ma porte…

                                                       (etc.)

Amant

            Madame, ces paroles

                                               par dieu ne me les dis.

            Tu sais que chez toi vins-je

                                                         non pour être parti.

            Lève-toi, belle, et ouvre-m

                                                        à me laisser venir ;

            ensuite ordonneras.

 

Dame

            Si tu me donnais Tràpane,

                                                       Palerme avec Messine,

            ma porte ne t’ouvré-je

                                                 si me faisais reïne.

            Si mon mari entend-ce

                                                  ou cette mal-voisine,

            morte détruite m’as.

                                                                              (etc.)

 

 [tr. JcV]

 


* Je me permets de renvoyer à ma lecture du chant xxvi du Purgatoire, dans la Postface à La Comédie – Poème sacré (prés. et trad. J.-Ch. Vegliante, bilingue), Paris, Gallimard ‘poésie’, 2012, p. 1219-22.

** Voir à présent : Quasimodo (et Cielo d’Alcamo), hypothèse andalouse. (nov. 2013).

..

Encore une traduction collective…

… en attendant l’ouverture de notre Master-Pro.

Cette année, un groupe d’étudiant(e)s de L3, entraîné(e)s par Constance Garby, Eléa Tall et quelques autres, en complément d’une étude approfondie de poétique (à l’enseigne de la « Mémoire du poème »), a travaillé à la traduction en vue d’une édition du court poème de Carlo BETOCCHI (1889-1986), inédit en volume – Poèmes épars. La structure très classique du texte (un carré parfait, 10×10, non exempt de « rimes » au sens moderne du terme : assonances en -A principalement), imposait d’emblée la contrainte d’une forme régulière, par où est donnée la première (essentielle) signification de toute poésie.

Betocchi e gli alberi

Betocchi e gli alberi

Ce texte avait déjà été traduit par l’équipe « Une autre poésie italienne » (CIRCE), en vers de 11 positions. On peut lire cette version, très différente, dans le site de l’équipe. Les étudiant(e)s de L3 ont effectué de longs et subtils essais en 12 (dodécasyllabes, pas toujours « alexandrins ») et en 10 positions ; par exemple, le premier vers a longtemps été « La feuille vague lentement au fil de l’eau » (trimètre). Cet atelier, ou laboratoire théorique-pratique, a bien sûr servi aussi à affiner la lecture même du texte original – comme d’habitude, la traduction est d’abord ce que nous appelons une « hyper-lecture ». Leur choix définitif a été pour le décasyllabe, ainsi qu’on va le lire ci-dessous.

Nous espérons, secondairement, qu’un éditeur français se décide à offrir à ce très grand poète du premier Novecento l’édition bilingue à laquelle il aurait droit Ed. Lucie(voir aussi :

)…

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La foglia vaga lenta su per l’acque;

canta il verde degli alberi; la macchia

lungo il fiume sta in ombra: il cielo splende.

   La terra avvampa al sole che la spacca:

   punto d’ombra remoto entro la stanza,

   son io co’ miei pensieri: e tutto esiste,

   il mio sentire occulto e vago in ombra,

   e l’insorgere in esso dei grand’alberi,

   il fluire dell’acqua, ed il giacere

   ardente e senza dubbi, arso, dei campi.

Carlo Betocchi
(Poèmes épars ; premier titre « Siesta »)

La feuille vague, lente, sur les eaux ;
chante le vert des arbres ; les broussailles
le long du fleuve à l’ombre : le ciel brille.
La terre brûle au soleil qui la fend ;
lointain point d’ombre au-dedans de la chambre,
c’est moi et mes pensées : et tout existe,
mes sensations cachées, vagues dans l’ombre,
et l’irruption en elles des grands arbres,
l’écoulement de l’eau et l’étendue
ardente et sûre, desséchée, des champs.

trad. : groupe L3 (EIR), 2013

(scripteur : JcV)

Poésie vivante sur papier

À côté d’une multiplication de sites et blogs consacrés à la création – en particulier littéraire et multimédiale -, fort fréquentés, il y a aujourd’hui en Italie une très remarquable floraison d’éditions sur papier de cette forme d’expression « peu rentable » qu’est la poésie. Signalons, chez Einaudi, dans la prestigieuse collana bianca dirigée par Mauro Bersani, la parution de Nuovi Poeti Italiani 6 [volume consacré à 12 poétesses déjà affirmées : «tutte (poiché di donne si tratta) sono attive, da molti anni, nel panorama letterario italiano e spesso anche internazionale» — certaines, par exemple, sont présentes dans notre uneautrepoesieitalienne ].

Une forme particulière de ce renouveau, parfois soutenue par l’adossement à de vrais parcours professionnalisants d’universités de la Péninsule, est celle du livre d’art, à la typographie soignée (et pensée) et à l’illustration créative d’un artiste lecteur de l’oeuvre. Au moins deux initiatives méritent d’être signalées — il en est d’autres. D’abord, auprès de l’université de Vérone, celle qui a bénéficié de l’art typographique d’Alessandro Zanella, alessandrozanella trop tôt disparu, et des travaux d’étudiants de notre collègue Gian Paolo Marchi ; une exposition récente permet d’en apprécier toute l’importance. Ensuite, la création par Italo Testa de la collection da>verso_coincidenze, elle aussi puissamment soutenue par les étudiants de l’atelier « arte_poesia » du département Scuola di Grafica d’Arte del Dipartimento Arti Visive dell’Accademia di Brera de Milan. Une présentation de la première série de cette collection a été inaugurée ce printemps à Milan, via Friuli 32. De belles images ICI. Voilà qui devrait donner des idées à ceux et celles qui s’efforcent, dans notre département EIR, de développer des réalisations pratiques (traduction*, travail sur l’image, diction/récitation, cinéma sous-titré, etc.) en attendant peut-être l’ouverture effective d’un Master-Pro sur les échanges culturels France-Italie.

VOIR (lire)

Qu’on se le dise : la participation à ce blog, créé par et pour les étudiant(e)s d’Études Italiennes et Roumaines, en est une première manifestation.

 

(JcV)

* Saluons, à ce propos, la nouvelle revue "Traduzionetradizione" (un titre déjà utilisé par R. Luperini pour un volume en l'honneur de Fortini), dirigée par Claudia AZZOLA, qui sera présentée en juin prochain à la librairie parisienne Tour de Babel.

FRONTiere, MARCHes (3)

Trois voix féminines d’Istrie

Les trois textes istriens du Canzoniere italiano recueilli et présenté par P.P. Pasolini (Garzanti 1972) proposaient tous des amours contrariées finissant dans le drame (à l’une des protagonistes, la voix chorale conseille même : « Prendi un coltel di talio, Uccidi il tuo papà »). Si l’on retrouve aujourd’hui certains traits narratifs traditionnels de cette aire culturelle, le ton des poèmes que l’on va lire semble s’être rapproché des courants lyriques italiens les plus répandus, avec peut-être des souvenirs de Pascoli (Bogliun, Floris) et de la théâtralité assez générale dans la ‘ligne lombarde’ de Sereni à Raboni ou un certain Caproni (Delton), dans un ton nettement plus ‘bas’.

Nous avons choisi ces exemples parmi ceux que propose très régulièrement la revue belge micRomania, déjà signalée dans le premier épisode de cette rubrique ; la référence abrégée est celle du trimestre suivi de l’année de parution (en l’occurrence, 2001, 2005 et 2011) ; il faut saluer le travail accompli par ce trimestriel – présent bien sûr dans notre belle bibliothèque – en faveur de la diffusion des langues romanes régionales. Saluons également la belle vitalité dont fait preuve la langue istrienne, désormais presque toute émigrée hors de sa région d’origine, aujourd’hui croate. Un parler proche des variantes vénètes, où nous avons noté s la spirante sonore comme dans it. [kazo] : caso, “hasard”. Une carte, davantage focalisée sur les îlots istro-roumains autour de Valdarsa, mais toujours utile, figure dans la première publication de ces ‘FRONTiere MARCHes’.

(JcV)

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  • Loredana Bogliun (1955, Pola)

Al mandoler                                           L’amandier

In tal revardo sussourado                            Dans cette retenue chuchotée

de la veita ch’a se fa granda                        de la vie qui se fait grande

al preimo mandoler carissa l’aria                 le premier amandier caresse l’air

cul suspeiro de nuveissa                              avec un soupir d’épousée

grando e bianco se s’gionfa                        grand et blanc vois qu’enfle

al bouto in tala bavisela,                              le bouton dans la petite brise,

pien de bondansa al se specia                     plein d’abondance il se mire

cu la nosensa de la piouma.                        avec l’innocence d’une plume.

Ghe si soun sta tera momenti                      Il y a sur cette terre des moments

de arbori inseina fuie                                   d’arbres sans feuilles

ch’a se spando                                             qui s’étendent

i se regala                                                    et se donnent

a quil ch’a no se pol dei cu la favela            à ce qui ne peut se dire en mots

drento ghe si la louss ch’a me fa bela.        dedans il y a la lumière qui me fait

belle.

micRomania 3.11

 

  • Lidia Delton (1951, Dignano)

Ricordando domeici                     In memoriam domici (manzin)

“Se avessi un mandolino…”                             “Si j’avais une mandoline…”

quante volte                                                     que de fois

el la jo cantada,                                               il l’a chantée,

a le nonse,                                                       aux noces,

al batizo                                                           aux baptêmes

“sempro alegri, mai passion…”                       “toujours joyeux, jamais passion…”

el uzava deighe ai zuveni,                               répétait-il aux jeunes,

lou,                                                                  lui,

a fianco de la so Mineina,                               aux côtés de sa Minime,

co ’l samerol co la ricia calada                        avec l’âne à l’oreille tombante

e co ’l baston a rento                                       et la canne le long

la gamba malada,                                            de sa jambe malade,

de cumpasion no ’l vuliva savì                        pas question de compassion

parchì,                                                             parce que,

in reidi el diziva:                                              en riant, disait-il :

“La veita zi de pasajo                                     “La vie est de passage

e alura…”                                                       et alors…”

le note de ’l mandolein                                   les notes de la mandoline

uramai zi sulo oun eco in cuntrada.                ne sont plus qu’un écho dans le quartier.

micRomania 2.01

  • Romina Floris (1972, Pola)

La morto passada                            La mort passée

Fra le cros de la vita                                           Parmi les croix de la vie

la morto par cusì alargo.                                    la mort paraît si éloignée !

I verdi ani del sol                                                Les vertes années du soleil

che i me jo                                                         qui m’ont

poco tempo i mi lasa                                          peu de temps me laissent

per pansà ola la cal                                            pour penser là où la route

finiso.                                                                finit.

Ma adeso ghi pensi,                                          Mais voici que j’y pense

adeso ghi priori                                                 que j’en pleure

no per la bianca pagura                                     non pour la blanche frayeur

ma per el dolor                                                  mais pour le chagrin

de no pode più ve ’n lapis                                 de ne plus avoir un crayon

’n toco de carta per scrivi                                 un bout de papier pour écrire

ste solo parole,                                                  ces simples mots,

parole dela mort pasada.                                   mots de la mort passée.

micRomania 2.05

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