Sguardi… Venise entre le rêve et le réel, au musée Jacquemart-André

Canaletto-Gardi, les deux maîtres de Venise, au Musée Jacquemart-André, jusqu’au 14 janvier 2013.    158 bd Haussmann, Paris VIIIe     Tous les jours 10h à 18h. Nocturnes lundis et samedis jusqu’à 21h.

En 1864, Édouard André venait tout juste d’entamer ce qui deviendrait une majestueuse collection d’œuvres d’art et le Portique vénitien de Francesco Guardi, daté de 1760, était déjà l’une des pièces préférées du collectionneur et de sa femme, l’artiste Nélie Jaquemart.

En 2012 le musée Jacquemart-André, ancienne demeure de ce couple de grands collectionneurs qui ont dédié leur vie, ainsi que leur fortune, à l’art, abrite jusqu’au 14 janvier 2013 la première exposition en France entièrement consacrée à la peinture vénitienne de veduta au XVIIIème siècle. Un choix à la fois symbolique et cohérent qui confirme le prestige du lieu et le goût de ses fondateurs, qui ont toujours réservé à l’art italien – principalement, mais non exclusivement de la Renaissance – une place très importante dans la constitution et dans la mise en place des collections et qui a donné naissance au musée italien ; une sorte de musée dans le musée, qui compte trois salles, celle des sculptures, celle florentine et celle vénitienne.

L’exposition compte une cinquantaine de chefs-d’œuvre, parmi lesquels on découvre de vraies raretés, obtenues grâce à des prêts exceptionnels, jamais présentées au grand public dans des expositions temporaires.

Le voyage à Venise s’ouvre sous le regard attentif de deux grands précurseurs de la tradition védutiste : Gaspar van Wittel et Luca Carlevarijs. L’usage maîtrisé de la camera oscura, associé à une stricte et méthodique phase préparatoire du dessin, sont les marques les plus évidentes d’une nouvelle approche scientifique aux arts figuratifs, selon la forma mentis du siècle des Lumières et strictement liée à l’adoption des récentes découvertes optiques. Quand on ajoute, aux impératifs de la perspective géométrique et à l’art de la composition, une sensibilité toute particulière pour la lumière, la matière et leurs effets atmosphériques, le nom de Antonio Canal (dit Canaletto) surgit soudain à l’esprit ; par le biais de son pinceau, Venise nous montre enfin ses couleurs changeantes, tout en gardant ses détails minutieux, ses proportions parfaites, ses traits nets et précis. Avec Canaletto les espaces s’ouvrent et plongent dans la lumière réelle de la ville ; ses atmosphères équilibrées s’épaississent et se dissipent en suivant le dialogue entre ciel et eau, un jeu de reflets intense et pourtant jamais étonnant, car dépourvu d’emphase artificielle et entièrement lié aux alternances lumineuses propres aux phases de la journée et à leurs connotations lagunaires.

Malgré la densité de détails et la variété chromatique, la simplicité et la sobriété des choix picturaux de Canaletto, aussi bien dans la composition que dans les tonalités, sont des aspects qui lui ont valu la renommée d’un vrai classique et l’éloge de l’impressionnisme français ; l’admiration de Monet pour les eaux-fortes et les aquarelles de Canaletto est en effet reconnue et évidente dans ses gravures (Duret, 1902).

L’exposition suit l’évolution de cette poétique du vrai topographique et atmosphérique que Canaletto inaugure, et que son neveu, Bernardo Bellotto, adopte in toto. Jeune artiste talentueux et précoce, Bellotto accepta et maîtrisa le style védutiste de son oncle à tel point qu’il n’a pas toujours été facile pour la critique de faire une distinction nette entre les deux pinceaux, surtout pour ce qui est de la production de jeunesse de Bellotto, une production étroitement liée à une attitude d’apprentissage fortement émulative à l’égard de l’oncle-maître. En revanche, les évolutions successives de la peinture réaliste de Bellotto  s’éloignent de la manière de Canaletto ; les tableaux de la maturité affichent des ombres bien plus marquées et froides et un trait plus incisif par rapport à l’homogénéité de la lumière méridienne et vibrante de Canaletto, en donnant ainsi lieu à des effets de réel contraste chromatique que ce dernier ne connaîtra jamais.

L’exposition semble se concentrer sur les éléments d’une filiation directe de la production de Bellotto à partir de celle de Canaletto, plutôt que sur les possibles divergences successives, non seulement en ce qui concerne les vedute, mais aussi dans les capricci qui occupent la dernière salle, consacrée aux vues imaginaires de la ville et à ses métamorphoses visionnaires et romanesques. Pour se convaincre du contraire, il suffit pourtant de comparer le caprice architectural de Canaletto, daté de 1723 ­— un prêt exceptionnel d’une collection particulière suisse­ — avec le Capriccio de Bellotto, un arc de triomphe en ruine au bord de la lagune, daté de 1743 et conservé au musée civique d’Asolo, en Italie. L’on s’aperçoit soudainement que, dans ce dernier, bien que le modèle reste Canaletto, la tonalité chromatique et l’atmosphère spatiale et émotive sont tout à fait différentes, liées à un coloris vitreux et net, qui délimite les formes en un nombre de détails minutieux.

Mais si les contrastes picturaux entre oncle et neveu demeurent vaguement évoqués, la dialectique entre Canaletto et son grand successeur dans l’art de la veduta, Francesco Guardi, traverse et imprègne les salles 2, 3 et 4 sans pour autant jamais entretenir un véritable antagonisme, qui d’ailleurs n’existe pas et à la place duquel il serait bien plus opportun de reconnaître une continuité dans l’évolution du genre védutiste vénitien. Le passage sans grincements, du détail descriptif de la réalité lagunaire, aussi bien quotidienne que festoyante de Canaletto, jusqu’à l’aspérité fluctuante et presque onirique d’une Venise rêvée au réel par Guardi, sublime la visite et ouvre les portes de la fantaisie et de l’évocation poétique : le spectateur passe de l’espace du réel à l’espace de l’âme.

Les variations dans la représentation de la Sérénissime se succèdent sans monotonie. Guardi ne met jamais en discussion l’enseignement de son prédécesseur, pendant toute sa phase d’initiation au genre de la veduta,il reste toujours fidèle à la composition perspective complexe et minutieuse du paradigme de Canaletto, et il parvient à faire un usage audacieux de la camera oscura. Cependant, après 1760, commence pour Guardi une nouvelle période artistique, presque une première maturité, marquée par une sorte d’affranchissement des canons védutistes. Seul le schéma de base reste d’évidente matrice settecentesca, la précision de la structure perspective, ainsi que la netteté des contours et la minutie des détails s’estompent dans le ferment que la couleur acquiert au fur et à mesure qu’elle s’approche aux zones de lumière. Ce grand dynamisme pictural de Guardi sanctionne sa renommée de précurseur du goût et des tendances impressionnistes, son trait, de plus en plus sûr et synthétique, coupe les formes et génère des figures chargées de mouvement et de vie.

L’une des vedute les plus emblématiques et frappantes que l’exposition offre du védutisme de Guardi est celledu Grand Canal avec Saint Siméon, daté de 1780. Le sentiment qui anime l’espace du tableau, qui, profond et sinueux, suit la courbe du canal et se jette dans un horizon dense et plombé, est vibrant et étroitement lié à la qualité des couleurs, une qualité non seulement chromatiquement variée, mais aussi et surtout riche en matière, capable d’animer l’image et ses éléments, ses personnages. C’est ainsi qu’on se laisse captiver par les reflets combinés d’eau et d’air, tandis que les gondoliers se livrent à leur gestuelle à la fois éphémère et atavique et qu’un ciel saturé de lourds nuages aux nuances menaçantes pèse sur la coupole noire de l’église de Saint Siméon et sur les éléments architecturaux qui longent le canal et y plongent leurs contours tremblants et fantasmés.

Est-ce un rêve ? Ou bien la réalité ? Le regard se perd dans un espace onirique et toutefois crédible, et c’est à l’émotion du spectateur de légitimer ce doute ; on hésite longuement devant ce spectacle et enfin on s’en détache tout en gardant un sentiment de trouble et de mélancolie qui ne nous appartiennent pas, mais qui sont propres à l’image et que l’image a su infuser en nous par le biais de la puissance d’un coloris qu’on pourrait définir de pluri-sensoriel.

La sensibilité poétique que les vedute de Guardi véhiculent est le point culminant d’un genre pictural capable non seulement de rendre la réalité, mais aussi de l’évoquer et de la modifier de façon très expressive en suivant les ‘capricci’ d’une fantaisie libre, comme le nom de ce genre pictural le suggère.

A ceux qui connaissent Venise, à ceux qui ne la connaissent pas, l’exposition du musée Jacquemart-André offre l’opportunité extraordinaire de la visiter à travers les regards de ses grands maîtres.

Elisabetta Simonetta

Da Fra Angelico à Napoleone

A Parigi, oltre alla prestigiosa mostra che il Louvre dedica a Giorgio Vasari e ai suoi disegni, è possibile visitare altre due esposizioni significative legate all’arte e alla storia italiana: Fra Angelico e i maestri della luce al Jacquemart-André e Napoleone III e l’Italia: La nascita di una nazioneal Musée dell’Armée.

Fra Angelico e i maestri della luce

Il Musée Jacquemart-André rende omaggio a Beato Angelico, figura di spicco del Quattrocento italiano esponendo una ventina di sue affascinanti opere. Accanto a Fra Angelico (1395-1455) l’esposizione celebra le altre figure di spicco del periodo come Lorenzo Monaco (1370-1424), Masolino (1383-v. 1440) e Paolo Uccello (1397-1475). Sono presenti anche alcuni artisti più tardi come Filippo Lippi (1406-1469) o Zanobi Strozzi (1412-1468) che ispirati dai maestri ne continuarono l’opera.

Fra Angelico e i Maestri della luce

Musée Jacquemart-André – Boulevard Haussmann,158

Fino al 16 gennaio 2012

Tariffe : con audioguida
Tariffa intera 15 € / Tariffa ridotta 13,5 €
Senza audioguida
Tariffa intera 12 € / Tariffa ridotta 10,5 €

http://musee-jacquemart-andre.com/fr/boutique-thematiques/exposition-fra-angelico-et-maitres-lumiere

Napoleone III e l’Italia: La nascita di una nazione

Nell’ambito delle celebrazioni per il 150esimo anniversario, Parigi dedica una mostra all’Unità d’Italia con quasi 260 opere e oggetti tra cui ritratti, scene di battaglia e di vita quotidiana, disegni, sculture, ma anche uniformi e armi. L’esposizione, che durerà fino al 15 gennaio 2012, è incentrata sui rapporti trala Franciae l’Italia mettendo in risalto il ruolo di Napoleone III nelle Guerre d’Indipendenza italiane e gli anni che hanno segnato la nascita dell’Italia come nazione.

Napoleone III e l’Italia: La nascita di una nazione.

Musée de l’Armée – Rue de Grenelle, 129

Fino al 15 gennaio 2010

Tariffe: solo esposizione 8€

Esposizione + museo 11 €

http://www.invalides.org

Lucia Bondetti