L’Italie, invitée d’honneur

Salon « L’Europe se Livre », La Garenne-Colombes 4-6 janvier 2013

VOTRE PROGRAMME
EXPOSITION « VENISE »
DE LORENZO MATTOTTI
Du 4 au 20 janvier 2013 Entrée libre                                ICI

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VENDREDI 4 JANVIER
INAUGURATION
En présence de Philippe Juvin, maire de La Garenne-Colombes et de ses invités.
Bruno Racine, Président de la BNF, parrainera cette première édition. Il dédicacera son livre paru aux Éditions Gallimard « Adieu à l’Italie ».
19 heures
VERNISSAGE DE L’EXPOSITION « VENISE » DE LORENZO MATTOTTI

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SAMEDI 5 JANVIER
ANIMATIONS TOUTE LA JOURNÉE
Célébration de l’anniversaire de Geronimo Stilton (la célèbre souris chez Albin Michel). Les enfants pourront obtenir une dédicace de leur héros.
« L’ITALIE AL DENTE ! »
Table ronde animée par Saliha Fellahi Bourdieu.
Des adresses, des conseils, des recettes, etc. Tout pour réjouir nos papilles gustatives en ce jour de marché !
Avec Stefano Palombari « Paris al dente ! » (Éd. Parigramme) Clélia Ventura « Le piment d’Espelette, de la corde à la poudre » ( Éd. Barnéa Productions) Laura Zavan « My little Italy » ; « Les raviolis » (Éd. Marabout) Claire Dixsaut « À table avec la mafia » (Éd. Agnès Vienot)
De 11 à 12 heures Auditorium
GRAND QUIZZ ITALIE (avec les Éditions Ipanema)
Animé par un comédien. En partenariat avec « La Garenne Pizza » pour les gagnants.
Horaires marché Place de la Liberté (sous la halle du marché)

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« VERSION SOUS-TITRÉE »
Quels rapports à la traduction ? Table ronde animée par Hubert Artus.
Deux traducteurs évoquent chacun leurs rapports au texte. Quelles sont leurs marges de manœuvre ? Avec Lise Caillat « Emmaüs » de Alessandro Baricco
(Éd. Gallimard) Jean-Charles Vegliante « La Comédie » de Dante Alighieri (Éd. bilingue Poésie / Gallimard)
De 14 à 15 heures Auditorium
« L’ITALIE, LES ANNÉES DE PLOMB »
Comment évoquer ces années qui ont tant marqué l’Italie ? Rencontre animée par Stefano Palombari. Avec Dominique Manotti (Éd. Gallimard)
Eric Valmir « Magari » (Éd. Robert Laffont) Karl Laske « La mémoire du plomb » (Éd. Stock)
De 15 à 16 heures Auditorium
« LA PASSION ITALIE »
Rencontre animée par Hubert Artus.
Avec Sophie Chauveau « La passion Lippi » ; « L’obsession Vinci » (Éd. Gallimard)
Lorenza Foschini « Le manteau de Proust » (Éd. de La Table Ronde) Serge Filippini « Motifs » (Éd. du Mauconduit) Simonetta Greggio « L’homme qui aimait ma femme » (Éd. Stock)
De 16 à 17 heures Auditorium
HUGO PRATT
Conférence sur le célèbre, et non moins légendaire, personnage de Corto Maltese, animée par Florian Rubis qui a longtemps accompagné le travail d’Hugo Pratt.
De 17 à 18 heures Auditorium

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DIMANCHE 6 JANVIER
« OH, LES BEAUX DESSINS ! »
Rencontre adressée aux jeunes.
Comment s’approprie-t-on les histoires et
comment les illustre t-on ? Deux illustrateurs
confrontent leur approche artistique.
Avec Carole Chaix « Une princesse au Palais » (Éd. Thierry Magnier) Singeon « Bienvenue, T1 et T2 » (Éd. Gallimard-Jeunesse)
Du 11 à 12 heures Auditorium
« QUAI DES BULLES »
Rencontre animée par Florian Rubis.
Quatre dessinateurs croisent leurs talents
pour leur passion de la bande dessinée.
Avec Lorenzo Mattotti (pour l’ensemble de son œuvre) Alfred (pour l’ensemble de son œuvre) Igort « Cahiers russes » (Éd. Futuropolis) Fiamma Luzzati « L’avventura – une Italienne à Paris »
De 14 à 15 heures Auditorium
« NOS COUPS DE CŒUR DE LA RENTRÉE LITTÉRAIRE DE JANVIER 2013 » Hubert Artus présente sa rentrée littéraire de janvier.
Avec Erwan Larher pour « L’abandon du mâle en milieu hostile » (Éd. Plon) Alain Mabanckou pour « Lumières de Pointe-Noire »* Arnaud Molinié pour « Emma peut-être », (Éd. Cherche-Midi) Marie Nimier pour « Je suis un homme », (Éd. Gallimard)* Christian Oster « En ville » (Éd. de L’Olivier)*
Pia Petersen pour « Un écrivain, un vrai », (Éd. Actes Sud) Alice Zeniter pour « Sombre dimanche », (Éd. Albin Michel) * Sous réserve
De 15 à 16 heures Auditorium
« LINO VENTURA »
PORTRAIT DE L’ACTEUR
Rencontre animée par Hubert Artus.
Avec Clélia Ventura « Lino Ventura, Carnets de voyages » (Éd. Barnéa Productions) Jean Gili « Le cinéma italien » (Éd. La Martinière)
De 16 à 17 heures Auditorium
PROJECTION DU PORTRAIT PUDIQUE DE « LINO VENTURA » Documentaire produit par Arte. De 17 à 18h30

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Atmosphères et paysages vénitiens : Lorenzo Mattotti

Foin de la Venise touristique ! Laissez-vous séduire par l’atmosphère onirique d’une Venise secrète ! L’exposition  Lorenzo Mattotti : Venise en creusant dans l’eau proposée par la galerie Martel (www.galeriemartel.com) se prête à une redécouverte insoupçonnée.

Dans mon quartier onusien du fauborg Saint-Denis (Paris Xe ardt), les atmosphères multicolores du monde subsument une certaine Italie : les saveurs du restaurant « La Scala » (boulevard Bonne Nouvelle), les produits du traiteur Cisternino (rue du Faubourg Poissonnières) et enfin les arts (dessins, illustrations de BD, eaux-fortes, pastels) de la galerie Martel dans la rue du même nom (métro Château d’eau).

Fondée par la femme de Lorenzo Mattotti il y a  quatre ans, cette galerie est spécialisée dans les expositions de dessins et pastels souvent liés à la création internationale de BD dans son acception contemporaine de Graphic Novel. Elle promeut des artistes illustrateurs, des photographes, des dessinateurs venant d’horizons divers : italiens, américains, latino-américains et français. L’espace agréable et régulier favorise le dialogue entre les arts : pour l’exposition de dessins vénitiens de Lorenzo Mattotti (Brescia, 1954), une biographie raisonnée, un documentaire télévisé d’une vingtaine de minutes et les pièces de l’expo coexistent avec de nombreux catalogues, BD mis à la disposition du visiteur sur la table de la galerie.

Quelle Venise Mattotti nous propose-t-il ? Quels sentiments ressentons-nous en nous déplaçant d’un dessin à l’autre ? Nous n’y trouverons guère la Venise touristique des lieux  devenus insignifiants par la récurrence polissante des regards, mais des « scorci », des coins anonymes de la ville reculée dont on capte le temps vécu, saisi dans une immobilité déserte sculptée à son tour sur les palais et les églises dans l’éternité des ombres et des lumières en l’absence de présences humaines (http://www.galeriemartel.com/l_mattotti_ven/l_mattotti_ven_o/l_mattotti_ven_o.html ). La tension onirique et un certain surréalisme caractérisent ces planches aux couleurs chaudes : rouge, ocre, vert-bleu, bleu-violet. Le chromatisme méditerranéen  est au service  de l’intériorisation de l’espace par le spectateur invité à revivre le mystère de la Mort à Venise.

C’est ce que Lorenzo Mattotti, arrivé en France en 1998, car son travail d’illustrateur et créateur de BD y était mieux apprécié qu’en Italie, réalise dans ses nombreux albums de BD peintes (Un soleil lunatique, Monsieur Spartaco, Stigmate, Riding the tiger, The Raven, Docteur Jekyll & Mister Hyde). Publiées pour la plupart chez Casterman, elles présentent un fil rouge structurant : en collaborant avec des scénaristes réputés (Jerry Kramsky, peudonyme de Fabrizio Ostani, Jean-Luc Ruault, Claudio Piersanti, Gabriella Giandelli, etc.), Mattotti a voulu redonner un sens au silence, contrant l’abondance pléthorique de paroles dans les BD des dernières décennies.

Dans les siennes, les tableaux – car il s’agit de véritables œuvres plastiques – interagissent avec la structure traditionnelle des planches de BD en les chargeant d’une profondeur inquiétante. Deux ou trois planches occupent la page pourtant traditionnelle de Casterman, des formats énormes (verticaux ou horizontaux) redonnent ses lettres de noblesses à une peinture narrativisée. Des pages n’ayant que des images sans bulles ni paroles enchantent le spectateur-lecteur par la force de leurs silences. Des scènes dont la suspension onirique révèle des états d’âme, des symboles. La dimension spirituelle constitue le sens à  déceler.

Il s’agit de véritables chefs-d’œuvre de légèreté et de graphisme élégant aux teintes délicates (auquel contribue aussi le lettrage choisi): les illustrations stylisées sont souvent réalisées au crayon-couleur sec, dont on sent la texture sur le papier brut, non lisse : on perçoit les creux et les pleins de la pâte et on retrouve alors le tracé de l’artiste. Aucune action donc, mais de longs silences. Le dépassement de la BD traditionnelle a été le pari de Mattotti : il a voulu expérimenter la traduction plastique de sensations non visuelles : le mystère des sons, la force du feu, le bruissement du vent. Tout devient matière, chromatisme. Les coups de peinture font vivre et ressentir ces sensations. Les personnages à la silhouette vaguement japonisante semblent se chercher dans une tension érotique avec le paysage.

La galerie acceptant les visites guidées, Alexandra Gompertz (qui a réalisé le service photographique pour cette présentation) et moi-même serions disponibles pour un tour avec les étudiants intéressés.  Bonne visite alors !

Maria Pia De Paulis-Dalembert