Musique italienne : un concert lyrique et une chorale (à la rentrée)

Cher.es Etudiant.es et Enseignant.es,

Cher.es tou.te.s les passionnées de culture et musique italiennes,

Nous avons le plaisir de vous annoncer le prochain concert de Michela Murru, chanteuse lyrique et étudiante de Master 2 au département d’études italiennes et roumaines de la Sorbonne Nouvelle.

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Ce concert nous offre l’occasion d’annoncer une initiative qui se prépare pour la rentrée prochaine, celle d’une chorale italienne. Grâce à son expérience en pédagogie musicale et à ses compétences dans le répertoire lyrique, Michela Murru dirigera cette chorale composée d’étudiants, enseignants, personnels de l’université et d’ailleurs, avec un répertoire d’aires d’opéra et peut-être aussi des chants traditionnels.

Aucune compétence spécifique dans le domaine musical est requise, seule une assiduité aux répétitions (1heure/1h30 par semaine pour toute l’année).

N’hésitez pas à nous contacter par email (nositaliesparis3@gmail.com) pour plus d’informations et une pré-inscription.

 

 

 

Rencontre Nos Italies : jeudi 23 février

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Cher(e)s étudiant(e)s du dépt. d’études italiennes, Chèr(e)s Enseignant(e)s,

Cher(e)s Alumni du dépt. EIR, Cher(e)s sympathisant(e)s de la culture et langue italiennes,

L’Association Nos Italies-Paris 3 a le plaisir de vous convier à une rencontre de lancement de ses activités, qui aura lieu le prochain
23 février 2017, 17h30, à la Bibliothèque d’italien
(Centre Bièvre, 5e étage, 1-5 rue Censier, 75005 Paris).
Nous profiterons de cette occasion pour présenter les activités de l’association (tandem linguistique, sorties, ateliers, etc…) et pour recueillir vos idées et suggestions.

La rencontre sera suivie par un apéritif italien et par une petite surprise théâtrale de la comédienne et conteuse italienne Debora Di Gilio.

Vous pouvez apporter du sucré, du salé, des boissons, à votre convenance.

Au plaisir de vous retrouver nombreux et nombreuses à cette occasion !

 Nos Italies – Paris 3
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Festival Italie Nouvelle 30 nov.-2 déc.

capture-decran-2016-11-28-a-13-29-24C’est avec grand plaisir que nous publions le programme du Festival Italie Nouvelle, intégralement conçu par les étudiants du Master 2 Industries Culturelles France-Italie.

Ce Festival se tiendra dans notre université (site Censier, 13 rue Santeuil, 75001) du mercredi 30 novembre au vendredi 2 décembre.

Venez nombreux aux différents événements prévus : il y aura une performance théâtrale, la projection de court-métrages, des tables-rondes et d’autres choses encore.

Et surtout, n’hésitez pas à transmettre cette information à vos ami(e)s, afin que ce festival soit un succès ! 

Voici le programme, également disponible en format PDF :

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Une « ottava» d’Amatrice

Une manière, certes modeste, d’adresser une pensée solidaire et émue aux habitants des villages italiens frappés la semaine dernière par le tremblement de terre, consiste peut-être à se rappeler combien la poésie et l’invention ont habité et habitent ces lieux.

Je reprends donc la suggestion de l’anthropologue italien Pietro Clemente, qui a rendu hommage aux populations en évoquant la tradition locale de « l’ottava poetica» improvisée, une modalité d’invention propre à la poésie populaire locale.

Il existe, en particulier, une « ottava » -nous rappelle Clemente- qui a été rendue célèbre par un essai très intéressant d’Alberto Mario Cirese, personnalité éminente de l’anthropologie italienne. Dans son essai Manzoni, Croce e una Nenia di Amatrice (in « La Lapa », I, 1953), Cirese explique que Alessandro Manzoni d’abord et plus tard Benedetto Croce ont eu l’occasion d’entendre l’ « ottava » (la strophe rapportée par Croce étant très similaire à celle que cite Manzoni) et que les deux, impressionnés par sa force poétique, en ont souligné le caractère exceptionnel.

Je reporte ici le texte, avec la traduction française de Jean-Charles Vegliante, qui à son tour s’était déjà occupé de la strophe. La version qu’il reprend est celle transcrite par Manzoni (avec de petits éléments de variation par rapport à celle rapportée dans l’essai de Cirese). Il s’agit d’une « nenia » funèbre, une lamentation prononcée par une jeune femme aux funérailles d’un ami tué, et elle est encore plus émouvante, aujourd’hui, dans son désir de faire revenir ce qui ne peut plus.

Giovanni Solinas

 

Se t’arrecorda, dentr’allu vallone,

Quando ce comenzammo a ben volene,

Tu me dicisti: dimme sci o none;

I’ te vordai le spalle e me ne iene:

Or sacci, mio dorcissimo patrone,

Che inzin d’allora i’ te voleo bene.

Vience domane, viemme a conzolare,

Che la risposta te la voglio dare.

 

(dans  la lettre de A. Manzoni à Teresa Manzoni Borri, son épouse, 18 octobre 1855 , in : Biblioteca Italiana, 1855 – http://www.bibliotecaitaliana.it )

 

Tu te souviens, ce jour, dans le vallon,

Quand nous avons pressenti qu’on s’aimait,

Tu m’avais dit : Dis-moi ou ouy ou non ;

Je te tournai le dos et m’en allai.

Or sache, mon très-doux aimé patron,

Que depuis lors déjà je t’adorais.

Viens me voir demain, viens me consoler,

Ma réponse, je veux te la donner.

(tr. J.-Ch. Vegliante)

 

 

 

FRONTiere, MARches – P.S.

Philothei Iordani Bruni nolani Cantus circæus

                      Une autre langue couramment utilisée, sinon ‘courante’ dans la péninsule italienne, au moins jusqu’au milieu du XVIIIe siècle, était le latin moderne. Des poètes modernes et contemporains, par ailleurs, ont écrit (et non banalement traduit) dans cette langue, de Pascoli à Sovente, pour n’en citer que deux… Voici, à titre de simple illustration, le Chant de Circé, sorte d’introduction poétique au traité ésotérique et mnémonique de même titre, publié à Paris en 1582 par E. Gilles pour le compte de Giordano Bruno alors absent de la capitale. En son nom, J. Regnault dédie ce livre au chevalier Henri d’Angoulême, grand Prieur de France et Gouverneur de Provence, demi-frère du roi Henri III : « Ad Altissimum Principem Henricum d’Angoulesme, magnum Galliarum Priorem, in Provincia Regis locumtenentem, &c. », comme on lira ci-dessous.

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[Voir, sur l’ouvrage lui-même : M. Matteoli – R. Sturlese, Il canto di Circe e la ‘magia’ della nuova arte della memoria del Bruno, Atti « La magia nell’Europa moderna » a cura F. Meroi, Florence, Olschki, 2007.]

Visurus magam magni solis filiam,
            Pour voir la magicienne fille du grand soleil

His procedens é latebris,
                          T’avançant hors de ces lieux clos

Ibis Circêum liber in hospicium,
                Tu iras librement au séjour circéen

Haud arctis arctis clusum terminis.           Non confiné par d’étroits confins.

Balantes oues, mugientes & boues,
           Bêlants moutons, bœufs mugissants,

Crissantes hoedorum patres
                       Et bondissants géniteurs de chevreaux,

Visurus, vniuers’ & campi pecora,
              Pour les voir ainsi que le bétail des champs

Cunctasque syluæ bestias.                         Et tous les fauves de la forêt, tu iras.

Concentu vario errabunt cæli volucres,
      Les volatiles mettront leur concert dans l’air,

In terra, in vnd’ in aere.
                               Parcourant le ciel, la terre et les ondes.

Et to dimittent illæsum pisces maris,
           Mais les poissons de la mer te laisseront

Naturali silentio;                                           Passer sans rompre leur silence habituel.

Tandem caueto, quando domum appuleris,
  Attention pourtant, près de la demeure,

Inuenturus domestica:
                                    Quand tu voudras retrouver les familiers :

Namque antè fores, aditumqu’ ant’ atrii,
       Car devant le seuil, juste avant l’atrium,

Limosum se præsentans                                Tout boueux t’apparaîtra

Occurret porcus, cui si forté adhæseris:
    Courant le porc, dont si trop près tu approches,

Limo, dentibus, pedibus:                            De boue, des dents, des pieds

Mordebit, inquinabit, inculcabit,
                  Il te mordra, te souillera, te piétinera,

Et grunditu t’ obtundet.                               Et de son grognement t’assourdira.

Ipsis in foribus, in adituqu’ atrii,
                 Dans l’entrée, sur le seuil même,

Moraus genus latrantium:
                         L’espèce des bêtes aboyeuses

Molestum fiet baubatu multiplici,
              Te submergera de hurlements multiples

Et faucibus terribile.                                  Et t’effraiera de toutes ses gueules.

Hoc ni desipias, & nisi desipiat,
                  Si cela ne t’affole ni ne les rend fous,

Metu dentis, & baculi,
                                 Craignant leurs crocs, eux ton bâton,

Te non mordebit, ipsum non percuties,
      Ils ne te mordront pas, toi ne les frappe pas,

Perges, nec te præpediet.                          Mais va de l’avant, ils ne s’opposeront pas.

Quæ cum solerti euaseris industria,
             Ces épreuves brillamment surmontées,

Interiora subiens :
                                         Poursuivant alors vers l’intérieur,

Solaris volucer to gallus excipiet,
                 Le solaire volatile, le coq, t’accueillera

Solis committens filiæ.
                                  Pour te présenter à la fille di soleil.

(tr. JcV)

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90 ans de l’Istituto LUCE

L’Italie fête comme il se doit les 90 ans de l’Istituto Luce, mine de documents pour quiconque s’intéresse à la culture italienne – dans la Péninsule et au delà – et miroir saisissant de ce qu’a pu être une propagande « intelligente », avant la naissance de la publicité et du soft-power post-industriels. La culture : nous parlons toujours de l’anthropologie d’une aire culturelle italo-romane, non pas du savoir scolaire de la seule nation italienne. Les très nombreux documents disponibles sont une source précieuse, cela va sans dire, pour maint cours ou recherche de type « civilisationniste », et littéraire bien sûr (ne serait-ce que par nécessité de contextualisation), voire linguistique (le dernier épisode ci-dessous est un festival de pronoms, bien articulés par la puissante mascella d’un chef forcément « fatal »). La période la mieux illustrée est en effet, pour des raisons évidentes, celle du Ventennio fasciste, mais l’immédiat second après-guerre (à savoir l’Italie précédant immédiatement le basculement dans la modernité des années 60) – un peu comme dans l’extraordinaire Paisà de Rossellini, sur les premiers jours de la Libération (1946), ou Il cammino della speranza de Germi (1950) sur les dernières années du « paysage » italien, avec ses habitants séculaires bien sûr, un monde à présent disparu, traversé de la Sicile à la frontière française -, cette période étrange entre le chaos misérable d’un pays à terre et l’imminent consumérisme du « miracle », est également bien représentée. Si bien que Luce in mostra, pour qui se trouvera à passer par Rome cet été, mérite certainement de renoncer pour quelques heures au soleil italien.

Les épisodes principaux, facilement accessibles, sont les suivants :

– Sur les mentalités et l’imaginaire « italiens » :   1. http://video.repubblica.it/luce/eventi/luce-in-mostra-a-roma-l-immaginario-italiano/170207/168696

– Plongée dans les réalités diverses du pays Italie(s) :   2. http://video.repubblica.it/luce/eventi/luce-in-mostra-il-paese-reale/170207/169687

– Les premières lueurs du passage d’un monde « arriéré » à la modernité :   3. http://video.repubblica.it/luce/eventi/luce-in-mostra-modernita-e-arretratezza/170207/169689

– Le bombardement du nid d’aigle Monte Cassino (cf. ici très directement Paisà) :   4. http://video.repubblica.it/luce/eventi/luce-in-mostra-il-bombardamento-di-cassino/170207/169686

– L’inévitable « homme au balcon » :   5. http://video.repubblica.it/luce/eventi/luce-in-mostra-duce-noi-siamo-cosi/170207/169685

 

Cultira/A Roma mostra su Istituto Luce: film e foto su 90 anni d’Italia

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Cinecittà, cocomeri (rossi)

 

 

 

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(Mostra multimediale – « I  90 anni dell’Istituto Luce », Roma, Vittoriano, luglio-sett. 2014)

Qu’on se le dise !…

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