Rencontre Nos Italies : jeudi 23 février

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Cher(e)s étudiant(e)s du dépt. d’études italiennes, Chèr(e)s Enseignant(e)s,

Cher(e)s Alumni du dépt. EIR, Cher(e)s sympathisant(e)s de la culture et langue italiennes,

L’Association Nos Italies-Paris 3 a le plaisir de vous convier à une rencontre de lancement de ses activités, qui aura lieu le prochain
23 février 2017, 17h30, à la Bibliothèque d’italien
(Centre Bièvre, 5e étage, 1-5 rue Censier, 75005 Paris).
Nous profiterons de cette occasion pour présenter les activités de l’association (tandem linguistique, sorties, ateliers, etc…) et pour recueillir vos idées et suggestions.

La rencontre sera suivie par un apéritif italien et par une petite surprise théâtrale de la comédienne et conteuse italienne Debora Di Gilio.

Vous pouvez apporter du sucré, du salé, des boissons, à votre convenance.

Au plaisir de vous retrouver nombreux et nombreuses à cette occasion !

 Nos Italies – Paris 3
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Festival Italie Nouvelle 30 nov.-2 déc.

capture-decran-2016-11-28-a-13-29-24C’est avec grand plaisir que nous publions le programme du Festival Italie Nouvelle, intégralement conçu par les étudiants du Master 2 Industries Culturelles France-Italie.

Ce Festival se tiendra dans notre université (site Censier, 13 rue Santeuil, 75001) du mercredi 30 novembre au vendredi 2 décembre.

Venez nombreux aux différents événements prévus : il y aura une performance théâtrale, la projection de court-métrages, des tables-rondes et d’autres choses encore.

Et surtout, n’hésitez pas à transmettre cette information à vos ami(e)s, afin que ce festival soit un succès ! 

Voici le programme, également disponible en format PDF :

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Une « ottava» d’Amatrice

Une manière, certes modeste, d’adresser une pensée solidaire et émue aux habitants des villages italiens frappés la semaine dernière par le tremblement de terre, consiste peut-être à se rappeler combien la poésie et l’invention ont habité et habitent ces lieux.

Je reprends donc la suggestion de l’anthropologue italien Pietro Clemente, qui a rendu hommage aux populations en évoquant la tradition locale de « l’ottava poetica» improvisée, une modalité d’invention propre à la poésie populaire locale.

Il existe, en particulier, une « ottava » -nous rappelle Clemente- qui a été rendue célèbre par un essai très intéressant d’Alberto Mario Cirese, personnalité éminente de l’anthropologie italienne. Dans son essai Manzoni, Croce e una Nenia di Amatrice (in « La Lapa », I, 1953), Cirese explique que Alessandro Manzoni d’abord et plus tard Benedetto Croce ont eu l’occasion d’entendre l’ « ottava » (la strophe rapportée par Croce étant très similaire à celle que cite Manzoni) et que les deux, impressionnés par sa force poétique, en ont souligné le caractère exceptionnel.

Je reporte ici le texte, avec la traduction française de Jean-Charles Vegliante, qui à son tour s’était déjà occupé de la strophe. La version qu’il reprend est celle transcrite par Manzoni (avec de petits éléments de variation par rapport à celle rapportée dans l’essai de Cirese). Il s’agit d’une « nenia » funèbre, une lamentation prononcée par une jeune femme aux funérailles d’un ami tué, et elle est encore plus émouvante, aujourd’hui, dans son désir de faire revenir ce qui ne peut plus.

Giovanni Solinas

 

Se t’arrecorda, dentr’allu vallone,

Quando ce comenzammo a ben volene,

Tu me dicisti: dimme sci o none;

I’ te vordai le spalle e me ne iene:

Or sacci, mio dorcissimo patrone,

Che inzin d’allora i’ te voleo bene.

Vience domane, viemme a conzolare,

Che la risposta te la voglio dare.

 

(dans  la lettre de A. Manzoni à Teresa Manzoni Borri, son épouse, 18 octobre 1855 , in : Biblioteca Italiana, 1855 – http://www.bibliotecaitaliana.it )

 

Tu te souviens, ce jour, dans le vallon,

Quand nous avons pressenti qu’on s’aimait,

Tu m’avais dit : Dis-moi ou ouy ou non ;

Je te tournai le dos et m’en allai.

Or sache, mon très-doux aimé patron,

Que depuis lors déjà je t’adorais.

Viens me voir demain, viens me consoler,

Ma réponse, je veux te la donner.

(tr. J.-Ch. Vegliante)

 

 

 

FRONTiere, MARches – P.S.

Philothei Iordani Bruni nolani Cantus circæus

                      Une autre langue couramment utilisée, sinon ‘courante’ dans la péninsule italienne, au moins jusqu’au milieu du XVIIIe siècle, était le latin moderne. Des poètes modernes et contemporains, par ailleurs, ont écrit (et non banalement traduit) dans cette langue, de Pascoli à Sovente, pour n’en citer que deux… Voici, à titre de simple illustration, le Chant de Circé, sorte d’introduction poétique au traité ésotérique et mnémonique de même titre, publié à Paris en 1582 par E. Gilles pour le compte de Giordano Bruno alors absent de la capitale. En son nom, J. Regnault dédie ce livre au chevalier Henri d’Angoulême, grand Prieur de France et Gouverneur de Provence, demi-frère du roi Henri III : « Ad Altissimum Principem Henricum d’Angoulesme, magnum Galliarum Priorem, in Provincia Regis locumtenentem, &c. », comme on lira ci-dessous.

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[Voir, sur l’ouvrage lui-même : M. Matteoli – R. Sturlese, Il canto di Circe e la ‘magia’ della nuova arte della memoria del Bruno, Atti « La magia nell’Europa moderna » a cura F. Meroi, Florence, Olschki, 2007.]

Visurus magam magni solis filiam,
            Pour voir la magicienne fille du grand soleil

His procedens é latebris,
                          T’avançant hors de ces lieux clos

Ibis Circêum liber in hospicium,
                Tu iras librement au séjour circéen

Haud arctis arctis clusum terminis.           Non confiné par d’étroits confins.

Balantes oues, mugientes & boues,
           Bêlants moutons, bœufs mugissants,

Crissantes hoedorum patres
                       Et bondissants géniteurs de chevreaux,

Visurus, vniuers’ & campi pecora,
              Pour les voir ainsi que le bétail des champs

Cunctasque syluæ bestias.                         Et tous les fauves de la forêt, tu iras.

Concentu vario errabunt cæli volucres,
      Les volatiles mettront leur concert dans l’air,

In terra, in vnd’ in aere.
                               Parcourant le ciel, la terre et les ondes.

Et to dimittent illæsum pisces maris,
           Mais les poissons de la mer te laisseront

Naturali silentio;                                           Passer sans rompre leur silence habituel.

Tandem caueto, quando domum appuleris,
  Attention pourtant, près de la demeure,

Inuenturus domestica:
                                    Quand tu voudras retrouver les familiers :

Namque antè fores, aditumqu’ ant’ atrii,
       Car devant le seuil, juste avant l’atrium,

Limosum se præsentans                                Tout boueux t’apparaîtra

Occurret porcus, cui si forté adhæseris:
    Courant le porc, dont si trop près tu approches,

Limo, dentibus, pedibus:                            De boue, des dents, des pieds

Mordebit, inquinabit, inculcabit,
                  Il te mordra, te souillera, te piétinera,

Et grunditu t’ obtundet.                               Et de son grognement t’assourdira.

Ipsis in foribus, in adituqu’ atrii,
                 Dans l’entrée, sur le seuil même,

Moraus genus latrantium:
                         L’espèce des bêtes aboyeuses

Molestum fiet baubatu multiplici,
              Te submergera de hurlements multiples

Et faucibus terribile.                                  Et t’effraiera de toutes ses gueules.

Hoc ni desipias, & nisi desipiat,
                  Si cela ne t’affole ni ne les rend fous,

Metu dentis, & baculi,
                                 Craignant leurs crocs, eux ton bâton,

Te non mordebit, ipsum non percuties,
      Ils ne te mordront pas, toi ne les frappe pas,

Perges, nec te præpediet.                          Mais va de l’avant, ils ne s’opposeront pas.

Quæ cum solerti euaseris industria,
             Ces épreuves brillamment surmontées,

Interiora subiens :
                                         Poursuivant alors vers l’intérieur,

Solaris volucer to gallus excipiet,
                 Le solaire volatile, le coq, t’accueillera

Solis committens filiæ.
                                  Pour te présenter à la fille di soleil.

(tr. JcV)

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90 ans de l’Istituto LUCE

L’Italie fête comme il se doit les 90 ans de l’Istituto Luce, mine de documents pour quiconque s’intéresse à la culture italienne – dans la Péninsule et au delà – et miroir saisissant de ce qu’a pu être une propagande « intelligente », avant la naissance de la publicité et du soft-power post-industriels. La culture : nous parlons toujours de l’anthropologie d’une aire culturelle italo-romane, non pas du savoir scolaire de la seule nation italienne. Les très nombreux documents disponibles sont une source précieuse, cela va sans dire, pour maint cours ou recherche de type « civilisationniste », et littéraire bien sûr (ne serait-ce que par nécessité de contextualisation), voire linguistique (le dernier épisode ci-dessous est un festival de pronoms, bien articulés par la puissante mascella d’un chef forcément « fatal »). La période la mieux illustrée est en effet, pour des raisons évidentes, celle du Ventennio fasciste, mais l’immédiat second après-guerre (à savoir l’Italie précédant immédiatement le basculement dans la modernité des années 60) – un peu comme dans l’extraordinaire Paisà de Rossellini, sur les premiers jours de la Libération (1946), ou Il cammino della speranza de Germi (1950) sur les dernières années du « paysage » italien, avec ses habitants séculaires bien sûr, un monde à présent disparu, traversé de la Sicile à la frontière française -, cette période étrange entre le chaos misérable d’un pays à terre et l’imminent consumérisme du « miracle », est également bien représentée. Si bien que Luce in mostra, pour qui se trouvera à passer par Rome cet été, mérite certainement de renoncer pour quelques heures au soleil italien.

Les épisodes principaux, facilement accessibles, sont les suivants :

– Sur les mentalités et l’imaginaire « italiens » :   1. http://video.repubblica.it/luce/eventi/luce-in-mostra-a-roma-l-immaginario-italiano/170207/168696

– Plongée dans les réalités diverses du pays Italie(s) :   2. http://video.repubblica.it/luce/eventi/luce-in-mostra-il-paese-reale/170207/169687

– Les premières lueurs du passage d’un monde « arriéré » à la modernité :   3. http://video.repubblica.it/luce/eventi/luce-in-mostra-modernita-e-arretratezza/170207/169689

– Le bombardement du nid d’aigle Monte Cassino (cf. ici très directement Paisà) :   4. http://video.repubblica.it/luce/eventi/luce-in-mostra-il-bombardamento-di-cassino/170207/169686

– L’inévitable « homme au balcon » :   5. http://video.repubblica.it/luce/eventi/luce-in-mostra-duce-noi-siamo-cosi/170207/169685

 

Cultira/A Roma mostra su Istituto Luce: film e foto su 90 anni d’Italia

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Cinecittà, cocomeri (rossi)

 

 

 

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(Mostra multimediale – « I  90 anni dell’Istituto Luce », Roma, Vittoriano, luglio-sett. 2014)

Qu’on se le dise !…

..

 

FRONTiere, MARches (20) : in memoriam

Assunta Finiguerra (San Fele – Potenza, 1946/2009)

Une voix d’insurrection, reconnaissable entre toutes, et la capacité rare de « créer des liaisons audacieuses, inhabituelles » entre des mondes et des idées qui semblaient très loin les uns des autres, en des « comparaisons surprenantes et parfaites » (Milo De Angelis, 2006), dans une langue archaïque, pas très éloignée de celle réinventée par Albino Pierro (voir ici même, chronique n° 6). Encore donc, le Sud extrême, dont peut-être les résultats poétiques les plus authentiques sont davantage liés à la langue des réalités humaines et naturelles locales, longuement façonnées par l’histoire (flux et stase inséparablement), que dans des régions plus proches des centres du pouvoir (Rome, Milan, Florence…). – Question ouverte, comme le savent tous ceux qui se sont occupés de Littérature en refusant de la couper de ses racines anthropologiques et, au sens vaste, politiques profondes. Peu après sa mort, Carla Saracino lui rendait un hommage ému en ces termes : « Il lamento della Finiguerra è un canto guerriero e non può conoscere lo spreco. Lo sprecoè il feticcio negativo dell’autrice, il Maligno da abbattere; la dispersione è la passione da recidere. Assunta Finiguerra mira alla composizione di uno stato della sazietà » (site la poesia e lo spirito, mars 2010). Rien d’étonnant à ce que la présence du divin – plus souvent malmené, interpellé, nié qu’adoré ou encensé – soit perceptible dans presque tout son œuvre poétique passionné et transitif, indépendamment de précises manifestations religieuses. Quelques jalons dans sa production publiée : Puozze arrabbià, Bari 1999, Rescidde, Zona ed. 2001, Questo dolore che mangia, Voci della Luna (Poesia) 2009, Scurije, 2010 (LietoColle).

Quelques textes :

                                                                      

Veulent me voir morte, les gens                                                            

veulent que je respire plus

parce que ma respiration

dérange le soleil,

ce soleil que tous appellent père

et que personne n’a jamais vu.

Morte, sept pieds sous terre

comme ça je ne gêne plus

tous ceux que j’ai crus amis

et qui ont mis la main sous leur cœur

pour attraper les larmes

sans cesse encore répandues.

 

Mais moi je meurs pas

je suis de méchant fer

j’ai tout rouillés

le ventre, le sang, le cœur,

ce cœur assassiné

écrasé sous le maillet des jours,

réduit comme peau d’âne.

 

S’il est âne

c’est le destin qui l’a voulu,

dans la course avec la vie resté en arrière

et le soleil n’a pas vu ses larmes

elles sont arrivées en eau bénite

dans leur ciel qui ne croit pas aux idiots.

 

Il pleure, oh s’il pleure, l’âne !

même quand il y a des marguerites

qui fleurissent dans le mois de Marie,

le mois des roses,

mais toujours des fleurs d’âne…

 

aussi personne ne sait sa douleur

quand il rêve de la mort

et la voit belle comme une étoile,

comme une comète,

mais la peur l’abat

et si seulement il faisait vite jour, dit-il,

pour respirer encore et déranger le soleil !

 

                                            [1996, Puozze arrabbià, Bari, La Vallisa, 1999]

 

 

I fuoche de novembre só appecciate  .              cu na viulenze ca me mbaurissce   

resorge palummelle e mmóre cane

nda na vijanove ca nun téne anzute

Oje mamma mije e vita benedette

appene tocche fierre nassce viende

m’accerchje cume fosse delinguende

me daje a bbeve miére fatte acite

Me só stangate de èsse n’impotende

si mette r’asscedde fazze mala fine

nun póte vuluà chi nun pusséde abbuole

chi scarpe de cemende porte e piede

nghiuvuate nderre reste ósce e ssembe

ósce e ssembe spere ca Dije nge sije

 

 

 

 

Les feux de novembre sont allumés       .   avec une violence qui me fait peur

je renais tourterelle et meurs chien

dans une ruelle qui n’a pas d’issue.

Ô ma mère, ma vie bénie,

dès que je touche du bois se lève un vent

qui m’entoure comme si j’étais coupable,

me donne à boire un vin tourné acide.

Je suis fatiguée d’être sans pouvoir,

s’il me pousse des ailes je finirai mal,

il ne peut voler celui qui n’a le vol,

qui porte aux pieds des souliers de ciment

restera pour toujours cloué à terre,

espérant chaque jour que Dieu existe.

 

                 . “Questo dolore che mangia”,

.           ………… Le Voci della Luna, 2009

 

 

 

finiguerra 

 

 

Je peux pas dire le nom de qui j’aime

vie ou mort c’est la même chose

sang de Dieu ou jardin de roses

ou ciguë qui empoisonne le plat.

Tu veux trop en savoir, que te dire ?

Il m’aime quand on est au lit,

et puis il me voit à nouveau comme la chouette

qui dort dans une bulle de savon.

Je peux encore me sentir femme

si en chandelle sur l’autel je me consume

et si, orgueil vaincu par la fumée,

agite pieds et mains la marionnette ?

 

                                                                                                    (tr. JcV)

 

 

 

FRONTiere, MARches (19)

Un poète méconnu, dans une langue marginale ?

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Bien qu’il n’ait utilisé aucun « dialecte » ni langue minorée, Lorenzo Calogero a été à tous égards un écrivain di frontiera, encore mal diffusé dans son propre pays, en dépit même de quelques tentatives récentes de prétendue internationalisation de sa voix singulière. Quelques excellents travaux ont commencé à être publiés, dont la monographie de Caterina Verbaro I margini del sogno – La poesia di Lorenzo Calogero, Pisa, ETS, 2011. Nous avons, au sein du CIRCE, essayé de collaborer avec le site florentin de Villanuccia, et publié dans notre propre blog [Une autre poésie italienne] quelques beaux textes poétiques. Un certain nombre, parmi nous, ont également contribué à faire connaître ce poète profondément plurilingue. Ce n’est pas suffisant bien sûr, et cette petite contribution ne veut être qu’une pierre de plus, apportée en hommage à l’une des expressions les plus originales du milieu du XX° siècle italien, lequel a été lui-même tellement fécond et varié en poésie. Voici donc un texte assez « classique » dans l’itinéraire de Lorenzo Calogero, et sa tentative de traduction dans une langue assez réticente, en revanche, aux phénomènes di frontiera, comme l’on sait…

.   PERPENDICOLARMENTE A VUOTO

Perpendicolarmente a vuoto

tracce erano, limiti, e da questa parte

il vento, in prati ove non si odono

cose di cui non mi ricordo;

e sai quanto noioso un ramo

era e mi guida e dall’aria

mi divide che non amo. Più non riconosco

una larvata presenza di essere,

un’usanza di crescere e non basta:

se mi soffermo un poco un soffio

era già troppo e il resto. Sinuoso

e sveglio un vano respiro d’albero

corrompe me pure in una dolcezza varia.

Una levigatezza che apparve nello spazio

soffre il vuoto, il disordine, il discendere

dell’età morente. Un alito ricrebbe nella guazza.

.

I sottintesi richiami un respiro d’aria,

una solitudine già odono.

.

Nella nebbia, per quanto so

ora, come in questa, è partita

la tua presenza dalla grazia

come la sofferenza dalla veglia

del suo volo.

 

Perpendiculairement à vide

Perpendiculairement à vide

c’étaient traces, bornes, et de ce côté

le vent, en des prés où l’on n’entend aucune

chose dont je ne me souvienne ;

et tu sais combien gênait une branche

qui me guide et me sépare

de l’air, que je n’aime pas. Je ne reconnais plus

une présence larvée d’être,

une coutume de croître et cela ne suffit pas :

si je m’interromps un peu un souffle

était déjà de trop et le reste. Sinueuse

et éveillée une vaine respiration d’arbre

me corrompt moi aussi en une douceur diverse.

Une polissure qui apparaît dans l’espace

souffre du vide, du désordre, de la descente

de l’âge mourant. Une haleine à nouveau enfla dans la rosée.

.

Les rappels suggérés entendent déjà

une respiration d’air, une solitude.

.

Dans la brume, pour autant que je sache

à présent, comme en celle-ci, est départie

ta présence de la grâce

comme l’est la souffrance de la veille

de son vol.

 (JcV)

.