Transferts culturels et études de genres – JE 6 juin 2014

Cher(e)s étudiant(e)s, cher(e)s collègues,

Veuillez trouver ci-dessous et ci-joint (Progr_Transferts culturels)  le programme de la journée d’étude que les doctorants de notre département, Elisabetta Simonetta et Emilio Sciarrino, organisent autour du thème des « Transferts culturels et études de genres« .

Cette journée d’étude s’insère dans le cadre des activités de l’ED122 et aura lieu
le 6 juin prochain (9h30 – 18h) 
à la Maison d’Italie de la Cité U.
Nous vous attendons nombreux et nombreuses!

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Transferts culturels et études de genre

Les récentes polémiques soulevées en France autour des études de genre montrent l’émergence d’un terrain de recherche de plus en plus présent dans le champ médiatique et scientifique international.

Notre journée d’étude désire revenir sur la situation contemporaine des études de genre et sur ce qu’elles peuvent signifier pour nos domaines disciplinaires (littérature, langue et civilisations étrangères), en choisissant le point de vue du transfert culturel et de la traduction.

Ce n’est qu’à travers une approche interdisciplinaire qu’il est possible de retracer l’évolution temporelle et spatiale des notions de « masculin », de « féminin », de « genre » et « d’orientation sexuelle ».

À partir de leur inscription dans le langage même, ces catégories structurent les cultures de manière variable. Elles demandent donc à être définies, redéfinies ou mise en discussion à travers une réflexion anthropologique, socio-historique, philosophique.

Nous encourageons donc vivement les approches comparées et contrastives entre aires culturelles et périodes différentes, en insistant en particulier sur les liens de transfert culturels et traductifs.

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Vendredi 6 juin 2014

Maison d’Italie, Cité Universitaire de Paris

7, boulevard Jourdan – 75014 Paris

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9h00 Accueil des participants et du public

9h30 Ouverture par M. le Professeur Pierre Civil, directeur de l’ED 122

Présentation par les organisateurs : Elisabetta Simonetta, Emilio Sciarrino

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10h-11h TRANSFERTS DANS LE TEMPS

Cyril Gendry (Université Sorbonne – Paris IV)

« Comprendre l’homosexualité de manière diachronique : Achille et Patrocle au prisme des catégories contemporaines »

Sophie Albert (Université Sorbonne – Paris IV)

« Dire le dieu chrétien par les frontières du genre. Le Roman de saint Fanuel (fin du XIIIe siècle) : cas limite et cas exemplaire de l’articulation entre pensée du genre et du divin »

Olivier Chiquet (Université Sorbonne – Paris IV)

« Vieillards et vieillardes dans la théorie artistique et les arts figuratifs italiens du Cinquecento »

11h-11h30 Discussions et pause café

11h30-12h10 GENRES EN TRADUCTION

Anne-Laure Rigeade (Université Paris VIII)

« A Room of One’s Own de Virginia Woolf et ses traductions en espagnol par Jorge Luis Borgès et en français par Clara Malraux : traduire le genre, dire l’androgyne » 

Claire Placial (Université de Nice Sophia-Antipolis)

« Pour dépasser les métaphores sexuées en traductologie » 

12h30-14h30 Discussions et pause déjeuner

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14h30-16h10 GEOGRAPHIES TRANSNATIONALES DU GENRE

Victor Galarraga-Oropeza (Université Sorbonne Nouvelle – Paris III)

« [Dis]locations et [des]identifications. Réflexions sur les études culturelles de la sexualité dans les cultures hispaniques »

Tanya Karagyozova (Université Sorbonne Nouvelle – Paris III)

« La circulation de la pensée féministe des années 1970 entre trois espaces culturels (Bulgarie – Chili – Etats-Unis) »

Aline Bergé (Université Sorbonne Nouvelle – Paris III)

« Du genre féminin à l’échelle du monde : quelques correspondances intercontinentales et transculturelles »

Anne Castaing (CNRS, UMR THALIM 7172/ Equipe Ecritures de la Modernité)

« Présentation du projet Ecrire et penser le genre en contexte postcolonial »

16h10-16h40 Discussions et pause café

16h40-17h20 GENRES ENTRE CORPS ET LANGUE

Flavia Bujor (ENS)

« Langues performatives et identités de genre chez Yoko Tawada »

Wafaa El Adlouni (Université Ibn Tofail)

« Le corps engagé dans les nouvelles écritures féminines marocaines d’expression française : Ni fleurs ni couronnes et Le Concert des cloches de Souad Bahéchar, Oser vivre et Chama de Siham Benchekroun, Une femme tout simplement et Une vie à trois de Bahaa Trabelsi »

 

 

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FRONTiere, MARches (20) : in memoriam

Assunta Finiguerra (San Fele – Potenza, 1946/2009)

Une voix d’insurrection, reconnaissable entre toutes, et la capacité rare de « créer des liaisons audacieuses, inhabituelles » entre des mondes et des idées qui semblaient très loin les uns des autres, en des « comparaisons surprenantes et parfaites » (Milo De Angelis, 2006), dans une langue archaïque, pas très éloignée de celle réinventée par Albino Pierro (voir ici même, chronique n° 6). Encore donc, le Sud extrême, dont peut-être les résultats poétiques les plus authentiques sont davantage liés à la langue des réalités humaines et naturelles locales, longuement façonnées par l’histoire (flux et stase inséparablement), que dans des régions plus proches des centres du pouvoir (Rome, Milan, Florence…). – Question ouverte, comme le savent tous ceux qui se sont occupés de Littérature en refusant de la couper de ses racines anthropologiques et, au sens vaste, politiques profondes. Peu après sa mort, Carla Saracino lui rendait un hommage ému en ces termes : « Il lamento della Finiguerra è un canto guerriero e non può conoscere lo spreco. Lo sprecoè il feticcio negativo dell’autrice, il Maligno da abbattere; la dispersione è la passione da recidere. Assunta Finiguerra mira alla composizione di uno stato della sazietà » (site la poesia e lo spirito, mars 2010). Rien d’étonnant à ce que la présence du divin – plus souvent malmené, interpellé, nié qu’adoré ou encensé – soit perceptible dans presque tout son œuvre poétique passionné et transitif, indépendamment de précises manifestations religieuses. Quelques jalons dans sa production publiée : Puozze arrabbià, Bari 1999, Rescidde, Zona ed. 2001, Questo dolore che mangia, Voci della Luna (Poesia) 2009, Scurije, 2010 (LietoColle).

Quelques textes :

                                                                      

Veulent me voir morte, les gens                                                            

veulent que je respire plus

parce que ma respiration

dérange le soleil,

ce soleil que tous appellent père

et que personne n’a jamais vu.

Morte, sept pieds sous terre

comme ça je ne gêne plus

tous ceux que j’ai crus amis

et qui ont mis la main sous leur cœur

pour attraper les larmes

sans cesse encore répandues.

 

Mais moi je meurs pas

je suis de méchant fer

j’ai tout rouillés

le ventre, le sang, le cœur,

ce cœur assassiné

écrasé sous le maillet des jours,

réduit comme peau d’âne.

 

S’il est âne

c’est le destin qui l’a voulu,

dans la course avec la vie resté en arrière

et le soleil n’a pas vu ses larmes

elles sont arrivées en eau bénite

dans leur ciel qui ne croit pas aux idiots.

 

Il pleure, oh s’il pleure, l’âne !

même quand il y a des marguerites

qui fleurissent dans le mois de Marie,

le mois des roses,

mais toujours des fleurs d’âne…

 

aussi personne ne sait sa douleur

quand il rêve de la mort

et la voit belle comme une étoile,

comme une comète,

mais la peur l’abat

et si seulement il faisait vite jour, dit-il,

pour respirer encore et déranger le soleil !

 

                                            [1996, Puozze arrabbià, Bari, La Vallisa, 1999]

 

 

I fuoche de novembre só appecciate  .              cu na viulenze ca me mbaurissce   

resorge palummelle e mmóre cane

nda na vijanove ca nun téne anzute

Oje mamma mije e vita benedette

appene tocche fierre nassce viende

m’accerchje cume fosse delinguende

me daje a bbeve miére fatte acite

Me só stangate de èsse n’impotende

si mette r’asscedde fazze mala fine

nun póte vuluà chi nun pusséde abbuole

chi scarpe de cemende porte e piede

nghiuvuate nderre reste ósce e ssembe

ósce e ssembe spere ca Dije nge sije

 

 

 

 

Les feux de novembre sont allumés       .   avec une violence qui me fait peur

je renais tourterelle et meurs chien

dans une ruelle qui n’a pas d’issue.

Ô ma mère, ma vie bénie,

dès que je touche du bois se lève un vent

qui m’entoure comme si j’étais coupable,

me donne à boire un vin tourné acide.

Je suis fatiguée d’être sans pouvoir,

s’il me pousse des ailes je finirai mal,

il ne peut voler celui qui n’a le vol,

qui porte aux pieds des souliers de ciment

restera pour toujours cloué à terre,

espérant chaque jour que Dieu existe.

 

                 . “Questo dolore che mangia”,

.           ………… Le Voci della Luna, 2009

 

 

 

finiguerra 

 

 

Je peux pas dire le nom de qui j’aime

vie ou mort c’est la même chose

sang de Dieu ou jardin de roses

ou ciguë qui empoisonne le plat.

Tu veux trop en savoir, que te dire ?

Il m’aime quand on est au lit,

et puis il me voit à nouveau comme la chouette

qui dort dans une bulle de savon.

Je peux encore me sentir femme

si en chandelle sur l’autel je me consume

et si, orgueil vaincu par la fumée,

agite pieds et mains la marionnette ?

 

                                                                                                    (tr. JcV)