Doc/It › le documentaire italien au cinéma La Clef

13 janvier – 22 février 2014

5 projections de documentaires suivis de rencontres pendant 5 semaines en Italie et en Europe : Paris, Barcelone, Berlin et Londres, Rome, Bologne, Florence, Milan, Naples, Nola, Nuoro, Palerme et Turin. 

projections › Cinéma La Clef — 34 Rue Daubenton, 75005 Paris

tél.  09 53 48 30 54 — entrée › 6,50 € — pass 3 séances : 15€ 

Doc/It est l’association des documentaristes italiens née en 1999 comme réponse concrète et stratégique à la nécessité de rassembler et de coordonner en un lieu unique associatif tous les acteurs du secteur du documentaire italien afin d’en optimiser la promotion et la visibilité. Doc/It rassemble aujourd’hui plus 80 producteurs et
120 auteurs de documentaires, il a la vocation de promouvoir le cinéma du réel, en soutenant son développement ainsi que sa diffusion dans les festivals, sur les marchés audiovisuels et expositions.
C’est également un espace de rencontre et de réflexion ouvert aux cinéastes et aux personnes impliquées dans la création documentaire, qui organise des laboratoires, des séminaires, des cours afin de diffuser la culture du documentaire.

Le Mois du documentaire et le Doc/It Professional Award

Doc/It a mis en place, depuis l’année dernière « Le Mois du Documentaire » à la Casa Del Cinema de Rome : un mois de projections gratuites des documentaires italiens et étrangers qui se sont démarqués dans de nombreux festivals.
Cette année pour la première fois Doc/It s’associe aux Instituts culturels italiens en Europe (Paris, Londres, Berlin et Barcelone) pour amener la section italienne du Doc/It Professional Award à l’étranger, afin de faire connaître à un public plus large les pépites du documentaire italien. Un âge d’or pour ce genre en Italie, comme le prouve le Lion d’Or attribué pour la première fois à un documentaire cette année à la Mostra de Venise, remporté par le Sacro Gra de Gianfranco Rosi ; ou encore la sortie en salle en France ces dernières années de La bocca del lupo de Pietro Marcello, primé au Cinéma du Réel, ou «Tahir, place de la Révolution » de Stefano Savona qui ont connu une vraie reconnaissance de la part de la critique et du public.

Les cinq documentaires qui seront projetés ont remporté le Doc/It Professional Award italien, ont été votés par un Jury de 100 professionnels du secteur du cinéma et audiovisuel italien.

Doc/It Professional Award à Paris

C’est tout naturellement que l’Institut culturel italien s’associe avec Doc/It et a souhaité que cette première édition se déroule au Cinéma La Clef, avec lequel il avait déjà collaboré pour « Un mois, une ville » le beau cycle de films et documentaires autour de Naples début 2012.

A partir du 15 janvier, chaque mercredi à 20 heures il y aura la projection de l’un des cinq documentaires du Doc/It Professional Award, suivi d’une rencontre avec le réalisateur.
De plus le public français (de même que celui anglais, espagnol et allemand) pourra voter à l’issue des projections pour décerner le European Doc/It Professional Award. La récompense étant la projection du film lauréat au Cinéma La Clef pendant une semaine. 

Calendrier des projections

mercredi 22 janvier à 20h

Il libraio di Belfast/Le libraire de Belfast D’Alessandra Celesia
Italie/France 2012, 54’vostf

 

mercredi 29 janvier à 20h

Il gemello de Vincenzo Marra
Italia, 2012, 88’, HD

 

mercredi 5 février à 20h

Materia oscura de Massimo D’Anolfi, Martina Parenti

Italie 2012, 80’ vostf

 

mercredi 12 février 2013 à 20h
Noi non siamo come James Bond/Nous ne sommes pas comme James Bond Mario Balsamo
Italie 2012, 73’, vostf

 

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FRONTiere, MARches (19)

Un poète méconnu, dans une langue marginale ?

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Bien qu’il n’ait utilisé aucun « dialecte » ni langue minorée, Lorenzo Calogero a été à tous égards un écrivain di frontiera, encore mal diffusé dans son propre pays, en dépit même de quelques tentatives récentes de prétendue internationalisation de sa voix singulière. Quelques excellents travaux ont commencé à être publiés, dont la monographie de Caterina Verbaro I margini del sogno – La poesia di Lorenzo Calogero, Pisa, ETS, 2011. Nous avons, au sein du CIRCE, essayé de collaborer avec le site florentin de Villanuccia, et publié dans notre propre blog [Une autre poésie italienne] quelques beaux textes poétiques. Un certain nombre, parmi nous, ont également contribué à faire connaître ce poète profondément plurilingue. Ce n’est pas suffisant bien sûr, et cette petite contribution ne veut être qu’une pierre de plus, apportée en hommage à l’une des expressions les plus originales du milieu du XX° siècle italien, lequel a été lui-même tellement fécond et varié en poésie. Voici donc un texte assez « classique » dans l’itinéraire de Lorenzo Calogero, et sa tentative de traduction dans une langue assez réticente, en revanche, aux phénomènes di frontiera, comme l’on sait…

.   PERPENDICOLARMENTE A VUOTO

Perpendicolarmente a vuoto

tracce erano, limiti, e da questa parte

il vento, in prati ove non si odono

cose di cui non mi ricordo;

e sai quanto noioso un ramo

era e mi guida e dall’aria

mi divide che non amo. Più non riconosco

una larvata presenza di essere,

un’usanza di crescere e non basta:

se mi soffermo un poco un soffio

era già troppo e il resto. Sinuoso

e sveglio un vano respiro d’albero

corrompe me pure in una dolcezza varia.

Una levigatezza che apparve nello spazio

soffre il vuoto, il disordine, il discendere

dell’età morente. Un alito ricrebbe nella guazza.

.

I sottintesi richiami un respiro d’aria,

una solitudine già odono.

.

Nella nebbia, per quanto so

ora, come in questa, è partita

la tua presenza dalla grazia

come la sofferenza dalla veglia

del suo volo.

 

Perpendiculairement à vide

Perpendiculairement à vide

c’étaient traces, bornes, et de ce côté

le vent, en des prés où l’on n’entend aucune

chose dont je ne me souvienne ;

et tu sais combien gênait une branche

qui me guide et me sépare

de l’air, que je n’aime pas. Je ne reconnais plus

une présence larvée d’être,

une coutume de croître et cela ne suffit pas :

si je m’interromps un peu un souffle

était déjà de trop et le reste. Sinueuse

et éveillée une vaine respiration d’arbre

me corrompt moi aussi en une douceur diverse.

Une polissure qui apparaît dans l’espace

souffre du vide, du désordre, de la descente

de l’âge mourant. Une haleine à nouveau enfla dans la rosée.

.

Les rappels suggérés entendent déjà

une respiration d’air, une solitude.

.

Dans la brume, pour autant que je sache

à présent, comme en celle-ci, est départie

ta présence de la grâce

comme l’est la souffrance de la veille

de son vol.

 (JcV)

.