L’Italie, avec Marc Lazar

Un extrait de l’émission « L’esprit public« , sur France culture.

Marc Lazar, vous êtes professeur d’Histoire et de sociologie politique à l’Institut d’Etudes politiques de Paris et professeur associé à l’université LUISS-Guido Carli de Rome. Vous animez le Groupe de recherches pluridisciplinaires sur l’Italie Contemporaine au Centre d’Etudes et de Recherches Internationales (CERI).Vous avez dirigé avec Marie-Anne Matard-Bonucci l’ouvrage collectif L’Italie des années de plomb, paru chez Autrement en 2010, ainsi que L’Italie contemporaine de 1945 à nos jours, paru chez Fayard en 2009. Cette même année, vous aviez également publié L’Italie sur le fil du rasoir : Changements et continuités de l’Italie contemporaine, aux éditions Perrin.

Président du Conseil de 1994 à 1995, puis de 2001 à 2006 et depuis 2008, Silvio Berlusconi a démissionné le 12 novembre 2011, sous la pression conjuguée des marchés financiers, de la Commission de Bruxelles, de la Banque Centrale Européenne et du président de la République Giorgio Napolitano. Ce dernier a nommé pour lui succéder l’ancien commissaire européen et économiste Mario Monti, qui a constitué un gouvernement de transition composé de 17 ministres, pour la plupart hauts fonctionnaires ou chefs d’entreprises n’ayant jamais exercé de mandat électif. « Je suis parvenu à la conclusion que l’absence de responsables politiques dans le gouvernement faciliterait la vie de l’exécutif, enlevant des motifs d’embarras » aux représentants des partis, avait déclaré M. Monti au lendemain de sa nomination. Bénéficiant d’un large vote de confiance au moment de son investiture, recevant le soutien des 3 principaux partis, ce gouvernement « technique » a fait adopter des mesures d’envergure dès les six premiers mois de son mandat. Sa réforme des retraites prévoit l’allongement de la durée des cotisations à 42 ans, un recul  à 67 ans de l’âge du départ à compter de 2021 et le gel des pensions supérieures à 1.400 euros, à quoi s’ajoute à une série de hausses d’impôts et de taxes. L’Italie, 3ème économie européenne après l’Allemagne et la France, souffre d’une croissance faible depuis une décennie. Le pays est entré en récession fin 2011, et le PIB devrait reculer de 2,3% cette année et de 0,5% l’an prochain. Le chômage touchait en octobre 11,1% de la population active et plus de 36% des jeunes de moins de 25 ans. La dette publique frôle les 2.000 milliards d’euros, soit 126% du PIB.

Le 8 décembre, Mario Monti a fait part au Président Napolitano de son intention de démissionner après l’adoption par le Parlement du budget 2013. Cette annonce est intervenue après que le Peuple de la Liberté, le parti fondé par Silvio Berlusconi en 2009, lui a retiré sa confiance en refusant de voter deux textes législatifs. Le même jour, Silvio Berlusconi annonçait qu’il avait l’intention d’être candidat pour un nouveau mandat à la Présidence du Conseil. L’ancien ministre des affaires étrangères et président du parti de centre-droit Futur et liberté pour l’Italie, Gianfranco Fini, ainsi que plusieurs responsables de la frange modérée du Peuple de la Liberté, parmi lesquels son secrétaire général Angelino Alfano, se sont quant à eux prononcés en faveur d’une candidature de Mario Monti.

Le 2 décembre, le secrétaire général du Parti Démocrate (centre gauche) fondé en 2007, Pier Luigi Bersani, a remporté les primaires contre le maire de Florence Matteo Renzi, en recueillant 60,9% des suffrages. 2,8 millions de sympathisants de gauche se sont rendus aux urnes au 2ème tour de ce scrutin, et plus de 3 millions ont voté au 1er tour. M. Bersani a bénéficié du ralliement de Nicchi Vendola, leader du parti « Gauche, écologie et liberté », qui avait recueilli au premier tour plus de 15% des suffrages.

Les élections générales devraient avoir lieu en février prochain. Dans les derniers sondages, le Parti Démocrate est crédité de 30 à 35% d’intentions de vote, devant le « Mouvement 5 étoiles », populiste, fondé par l’ancien comique Beppe Grillo. Le Peuple de la Liberté recueille entre 15% et 18% des intentions de vote.

Marc Lazar, dans un entretien accordé à Libération en mars dernier, vous déclariez que ces élections générales marqueraient le « grand retour de la politique » dans le pays, après la « trêve » constituée par la gouvernance Monti. Pouvez-vous nous éclairer sur la situation politique du pays, un peu plus d’un an après l’arrivée aux commandes du « Professore » ?

Invités :

Marc LAZAR, spécialiste de l’Italie contemporaine

Jean-Louis BOURLANGES, professeur à l’Institut d’Etudes Politiques de Paris

Max GALLO, romancier et historien

Thierry PECH, directeur de la rédaction d’Alternatives économiques

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