Théorie de l’amour chez Marsile Ficin et la « Nuit obscure » de Jean De la Croix

Voici un extrait intéressant du blog d’un lecteur de « Nos Italies » et poète, François Térrog.

Marsile Ficin né en 1433 est un poète et philosophe italien. Il est influencé notamment par Platon qu’il a traduit. Dans De l’amour, il établit différentes définition de l’amour et s’intéresse aussi au siège de l’âme amoureuse. Ainsi, il rappelle qu’en matière d’amour Platon disait et c’est un commencement : « L’ amant est une âme morte dans son propre corps et vivant dans un autre ».  Marcile Ficin commente cet amour en s’inspirant du mythe d’Orphée, de l’amour impossible. Il en conclut qu’il existe un amour simple et un amour réciproque. Pour l’amour réciproque il en arrive finalement à une théorie, pour lui,l’âme amoureuse  est passagère du corps :

« pendant que moi je t’aime alors que tu m’aimes, je retrouve mon moi en pensant à toi et je récupère en toi le moi que je méprise et que tu conserves ; et tu fais la même chose en moi. »

« je te possède avant et plus que moi, et me trouve plus proche de toi que de moi, car je ne me rapproche de moi qu’à travers toi. »

Jean De Lacroix né en 1542 est un poète espagnol et  religieux de l’ordre des Carmélites qui fut canonisé. Il  s’exprime lui aussi sur l’amour dans une quête un peu mystique qui le rapprocherait de dieu. C’est dans le poème un peu magique  Nuit obscure qu’il parle du voyage de l’âme  vers l’aimé, voyage qu’il imagine spirituel, probablement  pendant le sommeil (sa maison étant déjà en repos) et aussi charnel.

Beaucoup d’hypothèse sur ce texte, est-ce l’amour avec un être spirit ? une personne qui a réellement existé? La prison ou il fut enfermé ne raconte pas cette nuit de l’âme. Dans tous les cas, l’hypothèse qu’il défend est-celle d’un voyage de son âme (l’aimée) vers Dieu (dit l’aimé).

Il a donc aussi cette notion de voyage et de communion amoureuse comme chez Marsile Ficin (« je ne me rapproche de moi qu’à travers toi. ») et un siècle plus tard. De l’âme amoureuse Jean De la Croix écrit :

O nuit  qui joignis

L’aimé avec l’aimée

L’aimée en l’aimé transformé

On le voit ici l’amour, s’il est un voyage, n’est pas une mort mais une transformation. Ainsi, la différence entre l’amour de l’être et l’amour de Dieu se dessine. Il y a bien voyage dans les deux cas mais si pour l’amour humain il y a d’abord mort, pour l’amour de Dieu, la foi illuminé probablement, le poète n’évoque pas la mort mais la transformation. Néanmoins cette transformation est aussi présenté par Marcile Ficin. La  différence se ferait donc peut-etre  entre un monde antique qui pose la mort comme premier effet de l’amour et le monde moderne de la renaissance ou l’amour ne meurt mais est transformé.

Essai d’un poème représentant la théorie de Marcel Ficin et sorte de réponse au ligne de la nuit obscure sur la transformation de l’aimée en l’aimé.

Imagine  De  amore

La nuit ou tu t’endors

La nuit où tu te lèves

Le passager du corps

Avive   la lumière

Amant qui aime encore

D’Orphée  ou de Sapho

Des temples de nature

Nature tu  entendras

Levant  un jour ce rêve que tu ne connais point

Proche de l’amour   est  si tendre prochain

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[… sur Jean de la Croix, voir un article récent de Line Amselem (Petites histoires de la rue Saint-Nicolas, 2006) dans : Le découvrement infini, éd. D.Ferraris – J.C.Vegliante, PSN 2012.]

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