Poésie au féminin : Pan des Muses (revue en ligne)

Vivere ardendo e non sentire il male…

La place des femmes dans le Parnasse des muses 

 

Amor m’ha fatto tal ch’io vivo in foco,

qual nova salamandra al mondo, e quale

l’altro di lei non men strano animale,

che vive e spira nel medesimo loco.

 

Le mie delizie son tutte e il mio gioco

vivere ardendo e non sentire il male,

e non curar ch’ei che m’induce a tale

abbia di me pietà molto né poco.

 

A pena era anche estinto il primo ardore,

che accese l’altro Amore, a quel ch’io sento

fin qui per prova, più vivo e maggiore.

 

Ed io d’arder amando non mi pento,

purché chi m’ha di nuovo tolto il core

resti de l’arder mio pago e contento.

 

Connaissez-vous ces vers sublimes ?

Il s’agit de l’un des poèmes les moins méconnus du chansonnier de Gaspara Stampa (le CCVIII de l’édition Rizzoli, 1994). Poétesse padouane du XVIème siècle, Gaspara fut une interprète audacieuse du pétrarquisme et ses vers, inspirés par une passion amoureuse réellement vécue, gardent toute l’ardeur de sa vie intime, ainsi que sa subtile capacité de percer l’esprit humain et de faire preuve de grande maîtrise des strictes codes poétiques imposés à l’époque. La passio poétique de Gaspara, à la fois souffrance et vigueur, nous a laissé un riche héritage qui confirme sa prégnance émotive à chaque lecture, son transport est le nôtre, et l’actualité, ainsi que l’indéniable beauté de ses vers, méritent une place non seulement dans le Parnasse des muses, mais aussi dans la Panthéon terrestre des femmes.  Le « Pan poétique des muses » est une revue électronique de poésie féministe qui a tout pour satisfaire une telle exigence !

Couverture-n-2---CopieApériodique et entièrement consacrée aux problèmes et aux dynamiques concernant la genèse et la diffusion des vers des femmes, cette revue est le résultat d’une initiative de longue haleine au caractère à la fois prépositif et critique (voire autocritique !), susceptible de faire preuve d’une grande ouverture d’esprit à l’égard des problématiques disparates qui affectent l’écriture poétique des femmes/sur les femmes de toute époque et de langue variée. Elle consacre une place considérable à la diffusion des vers des femmes auteurs contemporaines et se veut terrain fertile de discussion actuelle autour des notions de genre et poésie. Cependant, elle n’oublie pas les plumes plus anciennes ; les poétesses contemporaines vivent à la colle avec leurs ancêtres, ces dernières à leur tour survivent à leurs disciples dans un rapport d’échange, de dialogue et de filiation qui traverse le temps et qui pourtant en tient toujours compte.

Le chemin trouve son commencement dans les savoirs féministes, dans l’écriture féminine et ses vicissitudes millénaires, il n’envisage pas un achèvement unilatéral et résolutif, son but étant celui de nourrir un débat qui se veut le plus fertile possible sur la notion de poésie au féminin dans toutes ses formes et ses occurrences, d’un point de vue aussi bien synchronique que diachronique et sans limitations d’expression et de pertinence vis-à-vis des problématiques et des sujets abordés.

Chaque numéro propose une thématique apte à orienter les contributions, ces dernières sont d’ailleurs vivement encouragées et elles ne se limitent pas forcement aux thèmes suggérés, car tout article et/ou création poétique susceptible d’enrichir les contributions artistiques et universitaires de la revue peut y trouver une place. Une section dédiée aux dossiers et aux poèmes permanents, dont l’appel à la contribution se renouvelle donc à chaque numéro, offre la possibilité réelle d’une participation libre et hétéroclite à la recherche dans le vaste domaine de la poésie des femmes et des études de genre. Articles, comptes-rendus, notes de lectures, digressions théoriques, diffusions de poèmes peu connus, compositions poétiques personnelles et non, tout ce qui peut témoigner de l’existence et de l’ampleur, ainsi que de l’actualité d’une écriture poétiques féminine à travers les siècles et jusqu’à nos jours trouve dans la revue son Parnasse, un lieu à la fois de célébration et de dévoilement de son indéniable valeur sociale et culturelle.

Cela n’est que un petit aperçu du grand intérêt que la revue présente et réserve à ses lecteurs et/ou contributeurs, nous vous invitons donc à découvrir ses plumes féminines en vous rendant, à l’aide d’un simple clic, sur son site internet : Pan des Muses.

Bonne lecture !

Elisabetta Simonetta

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