FRONTiere, MARches (5)

 

Un poète bergamasque : Umberto Zanetti

Né à Bergamo en 1942, Umberto Zanetti est sans doute, avec Carmelo Francia et quelques autres, une voix représentative de la poésie en bergamasque (lombard oriental) aujourd’hui, bien au delà du folklore. La tradition des strambotti – comme le célèbre ‘Fiur de narcìs…’ (qui nous ramènerait à la rubrique précédente) –, en dépit des moqueries auxquelles a longtemps été soumis le parler marginal des itinérants « masques et bergamasques », n’est pas morte. Une langue minorée naguère, localement et à travers l’Europe des ambulants, semble même menacée désormais dans sa légitime défense, on ne le sait que trop, par des tentations exclusivistes. Heureusement, la poésie n’a que faire de ces épiphénomènes communautaires.

Après avoir occupé diverses charges publiques, Zanetti a collaboré, pour le bergamàsch précisément, à Parlate e dialetti della Lombardia – Lèssech comparàt di lèngue de la Lombardia, Mondadori 2003. Outre sa propre poésie, il est l’auteur de nombreux ouvrages, dont une Gramàtica bergamàsca, Bergamo, Sestante, 2004 et un vaste choix de Il fiore della poesia in bergamasco (voir  www.arkos.it ). Le texte que nous proposons ci-dessous avait paru dans l’habituelle micRomania wallonne déjà citée (n° 2.11).

(JcV)

Voir aussi – sur Bergamo en général –, puis chercher Zanetti (ou Zanèt) :

www.teradeberghem.net

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Pleine lune

Pleine lune : c’est l’heure du givre,

de la grande paix avant le chant du coq.

Éveillé j’attends le soleil du matin

.

en souci que l’amour tôt s’efface,

comme aux primes clartés disparaîtra la lune.

Reviens ! Si ce jour tu te tiens devant moi,

.

je comprendrai que tu es ma chance.

Je tremble à l’idée que tous les rêves passent.

Je te bercerai comme au berceau le bambin.

.

Reviens, avant que me transperce un spasme.

____

Lüna piéna

Lüna piéna: l’è l’ura de la brina,

de la gran pas prima che ’l gal a l’ cante.

Só dèst e spète ’l sul de la matina

.

col penser che l’amùr ü dé l’ se sfante

come al prim ciàr la svanirà la lüna.

Turna! Se incö te me saré denante,

.

capiró che te sé la mé fortüna.

Trème a l’idéa che töcc i sògn i cróde.

Te nineró come ü popó ’n de cüna…

.

Turna, prima che ü spàsem a l’ me ’ncióde.

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Contact et plus d’infos :  info@centroculturelombarde.it

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