Le festival « Terre di cinema » approche…

Chaque année depuis 11 ans le cinéma Jacques Tati de Tremblay en France (93, rer B station Vert-Galant) organise un festival du cinéma italien : Terra di Cinema. 

La programmation comprend aussi bien des films récents que des films plus anciens faisant partie du patrimoine italien. Des soirées thématiques sont également organisées avec la présence, lorsque nous sommes chanceux, de certains acteurs et même parfois même des réalisateurs avec lesquels des débats sont organisés après la projection .
Lors de ces soirées l’association italienne de Tremblay propose parfois une restauration italienne dans le café voisin au cinéma, où un air d’Italie règne, comme ce sera le cas ce vendredi 10 février 2012, lors de la première soirée de la 12ème édition, avec la présentation de la programmation 2012 et la projection de Prima della Rivoluzione de Bernardo Bertolucci ainsi que de L’Empire des Rastelli (Il Gioiellino) de Andrea Molaio.
Pour plus d’informations, voici le lien de ce festival ainsi que le lien de la soirée
  • Attention la réservation pour cette soirée est indispensable, et sera possible jusqu’au jeudi 9 février à 16h.
Le festival se tenant du 16 mars au 6 avril 2012, la suite de la programmation n’a pas encore été mise à jours, il faudra donc bien surveiller. – Vous pouvez aussi cliquer ICI.
Depuis que je fréquente ce festival je n’ai jamais été déçue par la programmation. Espérons que cette année aussi la programmation sera à la hauteur de nos attentes et que nous nous retrouverons nombreux pour partager un bon moment de cinema!
Si l’idée vous tente, il suffit de répondre à ce message en indiquant votre email.
                                                                                                                   Cécilia Antonelli
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FRONTiere, MARCHes (4)

‘Stornelli’ toscans

La marge est étroite pour les territoires centraux – Toscane et, pour le dernier texte proposé, la limite des Marches (un nom ici tout indiqué) –, dès qu’il s’agit de littérature que nous dirons par commodité spontanée. Le ton ‘populaire’ y conserve une assurance, une complicité profonde avec les valeurs de la tradition, parallèles de la forte proximité linguistique aux infinies nuances il est vrai, entre ce qu’il serait difficile d’appeler ‘dialecte’ et ce qui devient dès la fin du XIVe siècle une sorte de standard… « Lingua toscana in bocca romana » bientôt, avant d’être mâtinée de cadences et de tournures plus nordiques (milanaises), ‘littéraire’ néanmoins, et accueillante aux nombreuses variations régionales d’un parlato-scritto enfin largement libéré des carcans normatifs. Les ‘autres Italies’ de l’étranger et, plus tard encore comme chacun sait, les immigrations dans la péninsule même, achèveront cette lente évolution vers une langue contemporaine tolérante, ouverte, plus proche que jamais des grandes langues de la modernité (anglo-américain, français, espagnol…) alors qu’elle n’était qu’un langage de lettrés.

Il n’y a presque pas de distance, à l’époque où se développent encore ces formes dites ‘populaires’, entre la doxa littéraire et la transgression (l’ingénuité, le réalisme…) : d’où l’embarras de Pasolini – dont nous utilisons le recueil du Canzoniere italiano – devant ces textes sans tremblement, dépourvus de toute « instabilité et caractère migratoire de la chanson populaire ». Nous sommes bien en présence d’une expression poétique sans doute « minorée », certainement pas minoritaire, ni exclue du monolinguisme (à base toscane) dominant. Les couplets romains, que des films comme Mamma Roma ont popularisés, peuvent paraître davantage insolents, dans la droite ligne du sfottò de la capitale, par rapport à la sagesse ici exhibée. Même s’il y aurait beaucoup à dire, quand on connaît Pea, Viani, Marradi, voire un certain Pascoli (justement valorisé par Pasolini), le corpus toscan reste ainsi fort de son assurance traditionnelle, de son bon sens volontiers goguenard, de sa sapience à base proverbiale, tout-à-fait appréciable et par là même un peu limité.

JcV

Autres couplets :  http://www.lastraonline.it/Italiano/-Storia/p/storia.php?idpag=581

Couplets des fleurs

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Fiore di mora                                              Oh fleur de mûre

Quando s’alza per tempo la mia cara        Quand se réveille plus tôt ma très-chère

Si vede al doppio splendere l’aurora!         On voit resplendir doublement l’aurore !

Fior di piselli,                                             Fleur d’haricot,

Avresti tanto cuore di lassarmi?                Serais-tu capable de me quitter ?

Innamorati sem da bambinelli.                  Nous nous aimons depuis qu’on est marmots.

Fiorin di sale,                                            Ma fleur de sel,

Di quindici anni cominciai l’amore,           Dès mes quinze ans j’ai commencé l’amour,

Di quindici anni ne sentivo male.              Dès mes quinze ans j’en ai senti le fiel.

Fiorin, fiorino,                                           Fleur, ma fleurette,

Di voi, bellina, innamorato sono:              De vous, mignonne, je suis amoureux :

La vita vi darei per un bacino.                 Je donnerais ma vie pour vos gambettes.

Fiore di canna,                                         Fleur de piment,

La canna de canneto è tenerella,            Oui le piment est doux quand on le cueille,

Così sarete voi, cocca de mamma.         Ainsi que vous, chérie à sa maman.

De : Canzoniere italiano, a cura di P.P. Pasolini, Garzanti 1972.

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Archive :  D’autres expressions « minorées », en tout cas non centrales, sont présentées régulièrement par le groupe de traduction poétique contemporaine de l’équipe CIRCE (LECEMO) de notre université, dirigée par J.Ch. Vegliante. Les textes dialectaux y sont toujours accessibles aussi dans leur version originale. Voir :  ici .